Brexit: Les 5 «punchlines» du débat à l’Assemblée nationale

POLITIQUE Les meilleures phrases du débat, ce mardi après-midi à l'Assemblée nationale, pour évoquer les conséquences du Brexit...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le Premier ministre Manuel Valls à la tribune de l'Assemblée nationale à l'occasion du débat sur le Brexit, le 28 juin 2016 à Paris.
Le Premier ministre Manuel Valls à la tribune de l'Assemblée nationale à l'occasion du débat sur le Brexit, le 28 juin 2016 à Paris. — WITT/SIPA

La décision britannique de sortir l’Union européenne fait vibrer le cœur de l’Assemblée nationale ce mardi. En lieu et place des questions au gouvernement, un débat sans vote sur les conséquences du Brexit est organisé dans l’hémicycle. C’est l’occasion, pour les orateurs, d’évoquer la déflagration et dégainer des mesures pour sortir de cette crise. Depuis les tribunes de presse de l’Assemblée nationale, 20 Minutes revient sur cinq « punchlines » du débat.

« Le slogan des pro-Brexit, "reprendre le pouvoir", dit très clairement les choses. Et on ne peut pas l’ignorer. L’Europe se fera avec les peuples. Sinon, elle se disloquera. »

Premier à s’exprimer à la tribune, Manuel Valls estime qu’il faut « crever l’abcès ». Les Européens « doutent de l’Europe. Ils ne comprennent pas ce qu’elle fait, ne voient pas ce qu’elle leur apporte… Pour eux, l’Europe est envahissante sur l’accessoire et absente sur l’essentiel. Pire, ils ont le sentiment qu’elle impose ses choix et joue systématiquement contre leurs intérêts. » Le Premier ministre se fait professeur, et lance aux députés : « Soit on fait comme toujours […] avec des petits arrangements, soit nous prenons enfin notre courage à deux mains, nous allons au fond des choses, nous faisons de ce choc un électrochoc et une opportunité. »

« L’Europe ne doit plus être perçue comme le cheval de Troie ou pire le dindon de la farce de la mondialisation »

Au détour de son argumentaire, Manuel Valls revient sur l’accord de traité transatlantique de libre-échange entre l’UE et les Etats-Unis (Tafta), négocié dans le plus grand secret depuis trois ans. Et comme il l’a déjà évoqué dimanche à Belleville-sur-Mer (Seine-Maritime), il se dresse contre cet accord visant à abaisser les barrières commerciales et réglementaires entre l’UE et les Etats-Unis pour créer une grande zone de libre-échange. Mais qui est décrié pour son manque de transparence.

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« A force de vouloir s’occuper de tout, l’Union européenne passe à côté de l’essentiel »

Premier à s’exprimer pour le parti Les Républicains, François Fillon dresse lui aussi un constat accablant de l’Europe. La solution ? Que « l’Europe se recentre sur des priorités stratégiques. A savoir : l’« indépendance économique de l’Europe dans la mondialisation » (et par rapport aux Etats-Unis), une « sécurité européenne » avec la mise en place d’« une alliance de défense européenne qui permette un juste partage des charges » ; l’éducation, la culture, de la recherche et de l’innovation ; et enfin la « refonte des institutions européennes ». Le candidat à la primaire à droite de novembre déroule, en version accélérée, son programme présidentiel sur l’Europe.

« Il faut avoir le courage de dire que les véritables patriotes sont les Européens »

Elu « pour qui le fédéralisme n’est pas un gros mot », le centriste Philippe Vigier reçoit ce mardi la palme du meilleur plaidoyer pro-européen. Le centriste juge qu’« il faut avoir le courage de dire que les véritables patriotes sont les Européens », en se réappropriant ici le terme de « patriote », cher à l’extrême droite française. Pour le président du groupe UDI à l’Assemblée, « il faut avoir le courage de dire haut et fort que notre faiblesse n’est pas l’Europe, mais l’absence d’Europe qui est progressivement devenu le jeu des égoïsmes nationaux ». Car, selon Philippe Vigier, « en dépit de ses carences, l’Europe reste pour nous la seule voie pour la France ». La solution ? « Une nouvelle constitution européenne et l’élection d’un président de l’Union. »

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« Combien de référendums successifs faudra-t-il pour faire comprendre aux dirigeants européens l’échec de l’Union européenne ? »

C’est la voix des souverainistes et europhobes du débat de ce mardi : Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, va à l’encontre de tous ceux passés avant lui à la tribune. Le député de l’Essonne et candidat à la présidentielle taille en pièces l’Union européenne et les différents gouvernements de droite et de gauche. « Depuis 10 ans, les Français, les Européens payent cher la démission des gouvernements français successifs », souligne-t-il. Sa solution : « Pour réformer l’UE, il faut oser vouloir en sortir, non pas pour s’isoler mais pour une Europe des nations. »