Investitures chez Les Républicains: Le cas Balkany électrise la primaire à droite

DROITE Patrick Balkany a été investi par la commission nationale d'investiture dans les Hauts-de-Seine...

N.Beu. avec AFP

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Patrick Balkany, le 17 février 2016 dans l'hémicycle de  l'Assemblée nationale.
Patrick Balkany, le 17 février 2016 dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. — WITT/SIPA

Le cas Balkany électrise la primaire de la droite. François Fillon a prévenu ce dimanche que s’il l’emportait, il reverrait les investitures de son parti aux législatives, dont celle de Patrick Balkany, selon des « critères éthiques », s’attirant une réplique de l’eurodéputé Brice Hortefeux.

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La Commission nationale d’investiture du parti Les Républicains a en effet donné son feu vert à plusieurs centaines d’investitures, dont celle de Patrick Balkany, malgré ses quatre mises en examen, ce qui a suscité des remous jusqu’au sein du parti. Mais François Fillon ne se sent en rien engagé. « Si je gagne cette primaire, je regarderai ces investitures en fonction de l’efficacité électorale et en fonction de critères éthiques », a prévenu le député de Paris. « Je pense que pour rétablir l’autorité de l’Etat, je pense que les dirigeants politiques doivent être irréprochables », a fait valoir Fillon.

Présomption d’innocence

Mis en examen à quatre reprises -pour fraude fiscale, blanchiment de fraude fiscale, corruption passive et déclaration mensongère de patrimoine-, le maire de Levallois-Perret, proche de Nicolas Sarkozy, sera de nouveau candidat LR dans les Hauts-de-Seine. Nicolas Sarkozy, président de LR, a invoqué la présomption d’innocence pour justifier l’investiture de cet un ami de longue date. « Dans cette CNI siègent des représentants de toutes les sensibilités sans exception », a de son côté répliqué Brice Hortefeux sur Radio J. « Nous avons étudié 497 circonscriptions [sur 577], il y en a sept qui ont été réservées faute de consensus », a ajouté l’ancien ministre, précisant que celle de Balkany dans les Hauts-de-Seine ne faisait pas partie des sept.

« Chacun aurait pu s’exprimer, dire son sentiment, rappeler un principe… Je précise qu’il y avait des représentants de François Fillon à cette commission d’investiture. Là, à ma connaissance, il n’y a pas eu d’opposition », a relevé ce proche de Nicolas Sarkozy. Selon lui, « ceux qui peuvent décider, ce sont les juges et les électeurs ». « Les juges ne se sont pas exprimés, Patrick Balkany est mis en examen, il n’y a pas de décision de justice. Quant aux électeurs, ils feront leur choix », a-t-il enchaîné. « La CNI a considéré qu’il n’y avait pas eu de condamnation », a résumé Hortefeux, préférant souligner « l’effort de féminisation » du parti Les Républicains dans ses investitures.

Juppé s’insurge

Mercredi, déjà, des cadres du parti s’étaient insurgés contre la décision de la Commission nationale d’investiture. Interrogée sur le cas Balkany, la députée et candidate à la primaire de droite Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) avait jugé « pas moderne de reconduire systématiquement tous les sortants ». Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite, avait lui dénoncé l’investiture, y voyant une illustration de la « vieille politique ». « Je désapprouve l’investiture de Patrick Balkany. Toujours la même vieille politique ! » a tweeté le député de l’Eure, qui se fait fort d’incarner le « renouveau » à droite.

Dans le camp Juppé, Gilles Boyer, le directeur de campagne de l’actuel maire de Bordeaux, avait évoqué « un processus mené à la hussarde ». « L’accord politique » entre les différents candidats à la primaire « n’a pas été respecté », avait également affirmé Boyer. Si bien qu’Alain Juppé ne se sent, lui non plus, « pas engagé » par ces décisions.