Législatives 2017: Fin des investitures sous haute tension chez Les Républicains

ELECTIONS La Commission nationale d’investiture des Républicains rend ses derniers arbitrages ce mercredi pour désigner les candidats LR aux législatives de juin 2017…

Anne-Laëtitia Béraud
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Alain Juppé, maire de Bordeaux et candidat à la primaire LR, le 15 juin 2016 à Malestroit.
Alain Juppé, maire de Bordeaux et candidat à la primaire LR, le 15 juin 2016 à Malestroit. — SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA

Fin de partie pour la désignation des candidats Les Républicains aux législatives de juin 2017. Après avoir désigné environ 500 noms, la commission nationale des Républicains (CNI) , qui établit depuis plusieurs semaines des listes de prétendants dans les 577 circonscriptions, doit rendre ce mercredi ses derniers arbitrages ce mercredi, laissant toutefois en suspens les candidatures les plus problématiques. Et à quelques heures du coup de sifflet final, cette commission ne fait pas que des heureux, car certains soutiens d’Alain Juppé, François Fillon et encore Bruno Le Maire s’estiment désavantagés…

« Des arguments à géométrie variable pour désigner tel ou tel candidat »

Parmi les cibles des critiques, le tempo prestissimo de la commission : depuis un mois, la CNI des Républicains enchaîne deux à trois sessions par jour, avec une priorité donnée aux femmes afin de respecter la loi sur la parité.  Studieuses et « globalement bonnes », ces réunions sont parfois source de critiques. « C’est fait à toute allure, et parfois trop vite. Les fédérations n’ont pas toujours les meilleurs candidats à présenter aussi en amont des élections », estime Marc Laffineur, membre de cette commission.

Autre accroc : « Il faut rester vigilant car il y a parfois deux poids deux mesures », avec parfois « certains dossiers de candidatures qui restent négligés », relève la fillonniste Caroline Cayeux, sénatrice-maire de Beauvais (Oise). Un propos abondé par Marc Laffineur : l’élu de Maine-et-Loire souligne qu’« il y a des arguments à géométrie variable pour désigner tel ou tel candidat : dans un département, il faut deux tiers de femmes candidates, mais dans un autre, ce n’est plus le cas », détaille ce juppéiste.

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Accrochages en série

Jusqu’à ce mardi, une dizaine de cas ont généré des désaccords violents. « Il y a des discussions vives sur 10 à 15 % des candidatures », évalue Michel Terrot, député du Rhône. « Nous sommes dans un climat particulier lié à la primaire et c’est pourquoi les soutiens des candidats défendent leurs investitures », souligne ce membre de la CNI.

Les accrochages concernent notamment le Rhône ou l’Alsace, où les juppéistes Michel Havard, ex-député de Lyon, et Mathilde Flauss à Strasbourg ont été écartés. Des choix qui font dire à l’un des membres de la CNI que « cela a été plus compliqué pour les candidats juppéistes [que pour d’autres] ».

« Bruno Le Maire a tapé du poing sur la table »

Les déceptions existent aussi parmi les autres équipes. Les lemairistes n’ont pu sauver la candidature du maire UDI de Saint-Omer (Pas-de-Calais) François Decoster, quand les fillonnistes demandent une nouvelle commission après l’échec essuyé par Fabienne Cardot dans la Nièvre.

Et si elles ne sont pas toujours « vives », les négociations restent parfois serrées. Caroline Cayeux confie avoir « beaucoup insisté » pour des candidatures en Seine-Maritime et dans la Manche, quand le député Damien Abad, soutien de Bruno Le Maire, évoque un moment de tension à propos de l’investiture du député lemairiste Yves Albarello (Seine-et-Marne): « Pour Yves, ça s’est réglé en trois minutes quand Bruno Le Maire a tapé du poing sur la table », après avoir rappelé la règle établie par Nicolas Sarkozy d’investir tous les sortants.

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«Quelques ajustements à la marge» après la primaire de novembre

Le chapitre des investitures aux législatives ne se clora cependant pas définitivement ce mercredi. Celles-ci seront validées après le Conseil national des Républicains qui se tiendra après la primaire des 20 et 27 novembre. Alain Juppé s’estime ainsi libre de revenir sur les choix de la CNI si elle défavoriserait trop ces soutiens.

Mais, selon l’avis de ces membres joints par 20 Minutes, la grande majorité des candidats investis aujourd’hui seront ceux de demain. « Il y aura peut-être quelques ajustements à la marge, mais globalement, ce qui a été décidé en mai juin ne changera pas », relativise le député Michel Terrot.

Reste encore à trancher ce mercredi les investitures pour les députés des Français de l’étranger. Et, parmi elles, celle du député sortant et ex-sarkozyste Frédéric Lefebvre, candidat à la primaire. Ce qui fait dire à Caroline Cayeux que « la messe n’est pas encore dite ».