VIDEO.Loi travail: L'affrontement entre la CGT et le gouvernement monte d'un cran

SOCIAL Manuel Valls a appelé ce dimanche les opposants à la loi travail à « annuler eux-mêmes » les rassemblements…

D.B.

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Philippe Martinez en face de membres du gouvernement en janvier 2016 lors d'une réunion de négociation.
Philippe Martinez en face de membres du gouvernement en janvier 2016 lors d'une réunion de négociation. — CHAMUSSY/SIPA

Un dialogue de plus en plus tendu. Le numéro un de la CGT Philippe Martinez a estimé que c’était « au gouvernement de donner des signes d’une volonté de sortie de crise » dans le conflit sur le projet de loi travail, dimanche lors du Grand rendez-vous Europe1/Le Monde/iTELE.

Des propos en réponse à ceux tenus par Manuel Valls qui, dans une interview au Journal du Dimanche, a appelé les opposants à la loi travail à « annuler eux-mêmes » les rassemblements, compte tenu du contexte de fortes tensions. « Il y a quatre mois que le problème est posé et quatre mois que le gouvernement refuse toute discussion et toute proposition des sept organisations syndicales dans ce conflit », a déclaré Philippe Martinez. « C’est bien le gouvernement qui refuse tout dialogue », a-t-il ajouté, en indiquant que les prochaines journées d’action des 23 et 28 juin étaient maintenues.

Pour Martinez, les violences ne sont pas syndicales

A propos des violences en marge des manifestations, Philippe Martinez s’est interrogé sur les « ordres donnés » aux forces de l’ordre. « Oui, il y a un problème avec la violence, les policiers font du bon travail, ont beaucoup de travail, le problème qu’on dénonce ce sont les ordres qui leur sont donnés de non-intervention vis-à-vis des casseurs. On veut faire porter au mouvement social les problèmes en dehors des manifestations », a-t-il dit. « Pourquoi ces casseurs continuent à casser ? », s’est-il interrogé.

« Toutes les violences se font en dehors des cortèges syndicaux. La question que nous posons c’est pourquoi ça continue ? Qui donne des ordres ? Ca ne peut se passer qu’au niveau du préfet ou du ministre de l’Intérieur », a-t-il insisté, en rappelant que la protection de la sécurité à l’extérieur des cortèges relevait de la police et que les manifestations étaient autorisées par les préfectures de police.

Le ministère de l’Intérieur monte au front

Des déclarations qui ont encore mis le feu aux poudres. Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs émis un communiqué dans l’après-midi. «Il est très regrettable que le Secrétaire Général de la CGT, Philippe Martinez, tente de travestir sciemment ces orientations claires, écrites, données aux préfets à la veille de chaque manifestation et transmises au Parlement par ailleurs, par souci de transparence», a-t-il indiqué. «Le mardi 14 juin des militants de la CGT ont pris violemment à partie les forces de l’ordre au point de dispersion pourtant convenu avec les organisateurs», a-t-il poursuivi appelant «chacun à l’exigence de responsabilité, qui doit protéger l’Etat de droit et notre bien commun, la République». 

Le gouvernement a menacé d'interdire les prochaines manifestations, prévues jeudi et le 28 juin, si la sécurité ne peut être garantie. «Il y aura dans les prochains jours des discussions entre la préfecture de police de Paris et les organisateurs afin de voir si les conditions sont réunies pour qu'un rassemblement se tienne», a dit Manuel Valls au Journal du dimanche.

Le Premier ministre avait déjà évoqué «une attitude ambiguë du service d'ordre de la CGT» à l'égard des casseurs lors de la manifestation nationale organisée mardi à Paris et émaillée d'importants incidents. Le préfet de police de Paris Michel Cadot avait aussi déploré «une forme de solidarité» de certains manifestants de la CGT avec les casseurs.