Primaire du PS: Les ténors de la gauche saluent l'initiative

REACTIONS A moins d'un an de la présidentielle, le conseil national du Parti socialiste a décidé samedi à l'unanimité d'organiser une primaire à gauche...

Delphine Bancaud

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Francois Hollande, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadelis, le 3 mai 2016.
Francois Hollande, Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadelis, le 3 mai 2016. — PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

Une bonne initiative, moderne et démocrate. L’organisation d’une primaire à gauche afin de désigner le candidat du PS à l’élection présidentielle de 2017, actée ce samedi, a été saluée avec enthousiasme par les ténors de la gauche.

Dans un entretien au Journal du Dimanche, Manuel Valls a défendu, la primaire telle que voulue par le Parti socialiste, réfutant l’idée que le processus puisse être « dévalorisant » pour François Hollande s’il choisissait d’être candidat. « La primaire correspond à un besoin de participation démocratique dans notre société », a affirmé le Premier ministre. « Autre chose est le choix du président de la République, dont il est seul maître », glisse le locataire de Matignon.

Donner du sens à une candidature

« Ce qui compte, c’est le sens que l’on donne à une candidature. Nous sommes à un tournant. La semaine dramatique que nous venons de vivre le démontre une fois encore », poursuit Manuel Valls. « Plus que jamais le pays a besoin d’une parole forte, d’une autorité et d’un projet qui repose sur le progrès, le compromis et la défense de la République », plaide-t-il.

Il se dit « convaincu que c’est cette gauche réformiste, la gauche qui assume les responsabilités, qui est la plus à même de pouvoir rassembler les Français, entre une gauche radicale qui ne veut pas gouverner et une droite dans la surenchère avec l’extrême droite ».

Une occasion de « clarifier la ligne du parti » pour Guigou

 La primaire de la « gauche de gouvernement, sociale- démocrate » sera « une belle occasion » de « clarifier la ligne du parti », a estimé aussi dimanche sur France Inter, Elisabeth Guigou, la présidente PS de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée.

La primaire de la « gauche de gouvernement » permettra notamment au président de la République, « s’il choisit de se présenter », de « dire ce qu’il a fait, pourquoi et de constater les résultats, au moment où la primaire aura lieu », fin janvier 2017, après la primaire de la droite, selon Elisabeth Guigou.

Comme on lui demandait si la primaire de la « Belle Alliance Populaire », validée samedi à l’unanimité en conseil national du PS, était taillée sur mesure pour François Hollande, Elisabeth Guigou a répondu : « Non (…) C’est une primaire élargie, PS, PRG, écologistes qui soutiennent le gouvernement, et cela va être une belle occasion, enfin, de pouvoir clarifier ce qu’est la ligne du parti ». « Cela fait peut-être trois décennies qu’on traîne ça au PS, et il faut choisir : est-ce qu’on est pour la ligne social démocrate, ou pas. Ce sera salutaire », a-t-elle ajouté.

Les frondeurs à l’unisson

Sur Twitter, beaucoup de personnalités de gauche, ont aussi manifesté leur satisfaction face à ce processus, à l’instar de l’ex ministre de la Culture, Aurélie Filipetti.

Le chef de file des frondeurs Christian Paul a salué samedi « une avancée », après l’annonce par le premier secrétaire du PS de son souhait d’organiser une « primaire ouverte à la Belle Alliance populaire. Il a cependant insisté sur le fait que cette primaire devrait rassembler des candidats « très largement représentatifs de la diversité de la gauche ».

Un avis partagé par le député frondeur Laurent Baumel, qui a déclaré ce samedi Sur BFMTV, qu « une primaire) gauche était » plutôt une bonne nouvelle tout en émettant certaines réserves : « Ce que nous on va regarder avec précision, ce qui n’est pas clair pour le moment, ce sont les modalités d’organisation. Ce n’est pas du tout pareil si la primaire est organisée de façon loyale avec la possibilité pour plein de gens d’y participer réellement ou si elle est un peu escamotée, s’il n’y a pas les bureaux de vote. S’il n’y a pas des conditions claires », a-t-il déclaré.