Loi Travail: Quatre choses à retenir sur le meeting du gouvernement

REPORTAGE Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis et Stéphane Le Foll ont vanté les mérites de la loi El Khomri en meeting à Bercy ce mercredi…

Thibaut Le Gal

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Pour l'occasion, Manuel Valls avait fait tomber la veste.
Pour l'occasion, Manuel Valls avait fait tomber la veste. — DOMINIQUE FAGET / AFP

Le gouvernement et le PS font bloc pour défendre la loi Travail. Après l’opération « Hé oh la gauche ! », l’exécutif souhaitait reprendre la main sur la loi El Khomri en organisant un meeting à Paris intitulé : « Loi travail : face aux régressions de la droite sénatoriale, défendons le progrès social ». 20 Minutes y était.

  • Un meeting agité

Premier constat en arrivant : les accès au meeting sont bloqués par d’importantes forces de l’ordre. Entre deux cents et trois cents opposants à la loi Travail se sont donc rassemblés à la sortie du métro cour Saint Emilion, à quelques pas de là. Une partie a tenté de forcer le cordon de CRS, qui ont répliqué avec du gaz lacrymogène.

Autre « agitateur » présent devant l’entrée… Le sénateur Les Républicains Jean-Baptiste Lemoyne. Le corapporteur du projet de loi au Sénat, a accusé le PS d'« essayer de se refaire une unité qui n’existe plus sur le dos de la droite ». « Ça, c’est la veste retournée de Manuel Valls qui fait aujourd’hui ce qu’il ne voulait pas faire hier », a-t-il lancé en retournant son blouson. A l’intérieur, beaucoup moins de grabuge. Deux jeunes filles sont évacuées après avoir lancé un « Hypocrite ! » à Manuel Valls.

  • Un meeting de poids lourds

Le Premier ministre n’était pas le seul poid lourd présent. La majorité avait mis le paquet ce mercredi soir. Se sont succédé à la tribune la sénatrice de Seine-et-Marne Nicole Bricq, le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll, Myriam El Khomri, le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis et Manuel Valls. Dans la salle, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone était présent avec quelques parlementaires, dont les vallsiens Philippe Doucet et Carlos Da Silva.

  • Montrer le « progrès social » de la loi Travail

Premier objectif : montrer le « progrès social » incarné par le projet de loi de Myriam El Khomri. La ministre du Travail a d’ailleurs été saluée par les différents orateurs. « Son nom s’inscrira à la suite de ceux qui ont ouvert des droits », a assuré Nicole Bricq, évoquant les lois Auroux de 1982 et les lois de réduction du temps de travail. « Il était important de se rassembler, de soutenir Myriam pour le combat qu’elle mène depuis des mois », a ajouté Stéphane Le Foll.

« Si ce projet de loi n’est qu’un retour au XIXe siècle, et détricote notre Code du travail, comment expliquer que des syndicats réformistes aient choisi de le soutenir ? », a lancé l’intéressée. « Ce texte vise à privilégier l’emploi durable sur l’emploi précaire », a dit la ministre, insistant notamment sur les bienfaits du CPA, « arme pour combattre les inégalités ». « Ce projet a inspiré la droite sénatoriale. Les amendements pleuvent. Notre loi a été dépecée, traitée pour ce qu’elle est, une loi de gauche », a indiqué Myriam El Khomri.

  • La gauche, c’est mieux que la droite

Jean-Christophe Cambadélis avait prévenu : le meeting serait l’occasion de défendre le bilan du quinquennat, en attaquant les projets des candidats de droite.

« La France va mieux dans les chiffres, mais pas encore dans les têtes. Le chômage a baissé, la confiance des ménages s’est grandement améliorée, l’investissement des entreprises a repris à la hausse, le déficit commercial s’est contracté en 2015 », a énuméré le Premier secrétaire du PS, dénonçant l’indignation sélective d’une partie de la gauche. « Au secours, la droite revient ! Mais en plus, cette fois, elle prévient », a-t-il ironisé. « La loi sénatoriale présentée par la droite n’est qu’un extrait du film d’horreur qui se déploierait si elle venait à l’emporter » en 2017.

Manuel Valls a conclu la soirée sur le même ton. « Je n’accepte pas tous ces procès en trahison de la gauche, ces anathèmes, ces querelles d’arrière-garde », rappelant que la droite propose de réduire de 100 milliards d’euros les dépenses publiques et de supprimer des centaines de milliers de postes dans la fonction publique.