Grève: Quand François Hollande ironise sur les «tourmentés et les inquiets»

LOI TRAVAIL « Nous sommes dans une période où on parle beaucoup » du dialogue social, mais « on le fait insuffisamment vivre », a déploré le président...

20 Minutes avec AFP

— 

Le président de la République François Hollande
Le président de la République François Hollande — PHILIPPE HUGUEN / AFP

Le président de la République a ironisé ce mardi sur les « esprits tourmentés ou inquiets », évoquant de manière à peine voilée les mouvements sociaux contre la Loi Travail et les grèves à la SNCF ou à Air France.

« Il y a toujours des esprits un peu tourmentés ou inquiets », a plaisanté le chef de l’Etat, lors de la pose de la première pierre d’une usine pharmaceutique du groupe public LFB près d’Arras (Pas-de-Calais).

Des rires dans l’assistance

« Il y en a beaucoup d’esprits tourmentés et inquiets », a insisté François Hollande, déclenchant les rires de l’assistance.

« Moi j’essaie de les apaiser, je fais ce que je peux mais il y en a toujours qui essaient de voir plus noir là où quelques fois, je n’ose pas dire que je mets un peu du rose, mais où il peut y avoir du blanc », a-t-il enchaîné sur le ton de la plaisanterie.

« Nous sommes dans une période où on parle beaucoup » du dialogue social, mais « on le fait insuffisamment vivre », a déploré le président, alors que, selon lui, « nos entreprises et nos industries ont besoin d’adapter en permanence leur organisation dans un cadre qui doit être négocié ».

>> A lire aussi : Manuel Valls appelle à signer «un bon accord» et à cesser une grève «incompréhensible»

Emprunt à Maurice Thorez

« La place de la négociation collective, c’est l’un des objectifs de la loi travail et je voulais ici, une fois encore, en rappeler la nécessité », a-t-il souligné.

Empruntant au communiste Maurice Thorez pour appeler à cesser les mouvements sociaux contre la Loi Travail, François Hollande avait déjà estimé qu’il fallait « savoir arrêter une grève », dans une interview au quotidien régional La Voix du Nord parue mardi.

« La CGT est d’accord avec François Hollande, à une nuance près : " il faut savoir arrêter une grève… quand on a obtenu satisfaction " », a déclaré la centrale dans un communiqué, en fustigeant « la stratégie de radicalisation et de refus du dialogue du gouvernement et du patronat ».