Présidentielle: Jean-Luc Mélenchon sera-t-il le candidat «écolo» pour 2017?

POLITIQUE Insoumis mais vert, le candidat à la présidentielle tente-t-il de faire son miel des cendres d’Europe Écologie-Les Verts ?….

Audrey Chauvet

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Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 16 février 2016
Jean-Luc Mélenchon à Paris, le 16 février 2016 — Victor Point/20 Minutes

Il ne se lasse pas de le rappeler : Nicolas Hulot a voté pour lui en 2012. L’écologie n’est pas un thème tout à fait nouveau pour Jean-Luc Mélenchon. Déjà pour la dernière présidentielle, la « planification écologique » faisait partie de son programme. Pour 2017, le candidat « insoumis » compte bien capitaliser sur la désintégration d’Europe Ecologie - Les Verts (EELV) et s’afficher comme le candidat écolo. Le seul ?

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Une OPA sur l’électorat écolo ?

Dans la course à l’Elysée, les Verts semblent discrédités d’avance. Quant à une candidature de Nicolas Hulot, elle se fait toujours attendre. Une brèche dans laquelle Jean-Luc Mélenchon s’est engouffré : après une longue interview accordée à Reporterre, site d’information au lectorat plus vert que vert, il a martelé à nouveau ce thème ce dimanche lors de son premier meeting de campagne. « C’est un thème qui en réalité est central depuis longtemps car on explique que c’est à travers l’environnement et le climat qu’on peut le mieux poser la question de l’intérêt général et que la planification écologique permet d‘orienter l‘économie à partir de la question écologique », nuance Eric Coquerel, coordinateur du Parti de gauche, proche de Mélenchon.

Ce ne serait donc pas une OPA sur l’électorat écolo laissé orphelin par EELV : « L’électorat n’appartient pas aux partis qui le revendiquent, rappelle Eric Coquerel. Si on séduit un électorat sensible aux questions d’écologie, tant mieux, mais pour nous c’est avant tout le sujet le plus urgent à traiter car aujourd’hui, c’est l’humanité qui est en danger. »

Hulot dans la balance

Du côté des écologistes, on ne dénie pas une sensibilité aux questions écologiques à Jean-Luc Mélenchon, mais on lui reproche la méthode. Cécile Duflot, interrogée ce lundi matin sur France Info, estimait qu’en « prônant la VIe République, Jean-Luc Mélenchon tombe dans les pires travers de la Ve en disant : "moi, président et le reste du monde on s’en fiche". » Une critique étayée par David Cormand, secrétaire national d’EELV : « Nous avons des désaccords avec Jean-Luc Mélenchon sur la planification écologique, qui pour moi est une écologie technocratique en laquelle je ne crois pas. Je ne suis pas convaincu par le colbertisme vert qui centraliserait la mise en œuvre d’un projet écologiste, je suis plus favorable à se détacher des grandes structures pour une économie plus résiliente et de proximité. »

S’ils partagent parfois leur électorat, EELV et Mélenchon ne partagent donc pas toutes leurs convictions. L’« insoumis » aura-t-il néanmoins la carrure nécessaire pour porter un message écologiste que les Verts n’ont jamais réussi à populariser ? « C’est une bonne chose de vouloir parler d‘écologie, sourit David Cormand. Personne n’a le monopole du sujet, plus les gens en parlent, plus je suis content. »

Et de fait, la dispersion des voix écologistes est à craindre : à une candidature EELV, en laquelle le parti continue à croire, pourrait s'’ajoutait à une candidature écolo-insoumise de Mélenchon, mais aussi une surprise du côté de Nicolas Hulot, que Jean-Luc Mélenchon ne cesse de caresser dans le sens du poil. Pour mieux l’attirer à ses côtés ? « Nous n’avons jamais caché que Nicolas Hulot porte des choses intéressantes selon nous ; Hulot et Mélenchon sont peut-être des gens qui auraient des choses à faire ensemble, c’est sûr, répond Eric Coquerel. Mais il n’est pas question de se rallier ou pas pour le moment. » Du côté d’EELV, on refuse d’évoquer pour le moment l’iceberg qu’un ticket Hulot-Mélenchon pourrait être pour le Titanic vert : « Je préfère me poser les questions quand elles se posent », botte en touche David Cormand.