2017: Mélenchon réunit des milliers de personnes de sa «France insoumise»

REPORTAGE Le candidat à la présidentielle tenait son premier meeting à Paris ce dimanche...

Thibaut Le Gal

— 

Jean-Luc Mélenchon en meeting à Paris le 5 mai 2016.
Jean-Luc Mélenchon en meeting à Paris le 5 mai 2016. — LEWIS JOLY/SIPA

« Il fallait commencer par résoudre le problème le plus simple : trouver un candidat, me voici ! ». Jean-Luc Mélenchon tenait ce dimanche son premier grand meeting de campagne place Stalingrad, trois mois après avoir « proposé » sa candidature à l’élection présidentielle. Sous le ciel menaçant de Paris, aucun parapluie n’était visible : la pluie annoncée n’est jamais tombée. Seules les pancartes contre la loi El Khomri étaient brandies par les sympathisants : 10.000 personnes, selon l’entourage du candidat.

Cheminots, postiers, féministes, intermittents, métallurgistes… Les militants ont d’abord applaudi plusieurs cortèges représentant la « France insoumise » chère au député européen. « Insoumis, je l’ai toujours été », déclare fièrement Alain, retraité EDF. « Ça fait chaud au cœur de voir tous ces gens qui refusent de courber l’échine devant les financiers. Nous sommes tous ici pour soutenir Jean-Luc Mélenchon ».

« Mieux vaut avoir des porte-parole rusés et malins que des poulets de l’année ! »

Ce dernier est arrivé tout sourire, bras levés, devant une foule enthousiaste. « On ne crie pas mon nom, on crie résistance ! ». Mais c’est bien sa candidature que l’ancien socialiste a défendue à la tribune. « Mieux vaut avoir des porte-parole rusés et malins que des poulets de l’année ! » a-t-il ironisé, rappelant les près de « 4 millions de voix » obtenues en 2012.

>> A lire aussi : Présidentielle 2017: «Je veux incarner la rébellion et l’insoumission»

Jean-Luc Mélenchon a aussi défendu sastratégie de partir tôt, renvoyant le parti communiste aux « obscurs conciliabules de je ne sais quelle primaire ». Ce n’est pas « en se groupant comme un troupeau affolé derrière les moins-disants, les plus usés, les derniers arrivés que nous trouverions notre chemin ».

Au détour d’une phrase, l’ancien patron du Front de Gauche a semble-t-il tendu la main à ses anciens partenaires : « Je ne vous demande pas de m’épouser ni de supporter mon caractère, qui est moins terrible qu’on veut bien le dire ». Puis a interpellé directement Marie-Georges Buffet (PCF) et Clémentine Autain (Ensemble !), présentes sur la place. « Je respecte votre réflexion […] Tout le monde est bienvenu dans cette bataille ».

« L’objectif était d’organiser une démonstration de force »

« Je vous appelle à une campagne qui n’est pas simplement faite pour témoigner, je vous appelle à une campagne pour conquérir le pouvoir ! » a-t-il plaidé, dessinant les contours de son futur programme : souffrance au travail, planification écologique, lutte contre le Traité transatlantique, et sortie des traités européens.

« L’objectif était d’organiser une démonstration de force de la France insoumise. Ceux qui voulaient laisser croire que Jean-Luc Mélenchon était un homme seul ont leur réponse aujourd’hui », avance son bras droit Alexis Corbiere. « En 2011, on n’avait pas 110.000 appuis sur internet, et on était à 3 % dans les sondages, pas à 13 %. C’est le dernier feu vert qu’on attendait pour la campagne », se réjouit Eric Coquerel, coordinateur du parti de gauche.

Jean-Luc Mélenchon a déjà ciblé ses adversaires : François Hollande et Manuel Valls, qualifiés de « Plouf et Chocolat », mais aussi… Nicolas Sarkozy. « Il est le plus dangereux, car le plus déterminé ».