Euro 2016: Joueur, supporter, orateur inspiré... François Hollande, une passion foot

FOOT Le chef de l'Etat ne s'est jamais caché de son amour pour le ballon rond...

Thibaut Le Gal

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François Hollande en Zizou, 1998.
François Hollande en Zizou, 1998. — Photomontage

Il rêvait de devenir l’avant-centre du FC Rouen. François Hollande est un grand passionné de football. Lecteur assidu de L’Equipe, le chef de l’Etat a également chaussé les crampons à plusieurs reprises. A l’occasion de l’ Euro 2016, 20 Minutes se penche le rapport du président au ballon rond.

Une passion d’enfance

François Hollande découvre le foot avec son grand-père. « Je n’étais pas dans une famille où le football avait sa place. Heureusement, il y avait mon grand-père maternel qui avait joué et qui a eu la bonne idée de m’emmener avec lui assister à des matchs. Il m’expliquait tout ce qui se passait sur le terrain », racontait le président du Conseil général de la Corrèze en 2010 à Surface. A l’âge de 13-14 ans, le jeune François chausse les crampons au FC Rouen, le club de sa ville natale. Il rêve d’être le buteur de l’équipe. « J’ai rapidement compris qu’en club, les matchs sont un peu plus relevés au niveau engagement physique et technique (sourire) ».

Les dirigeants du club ne gardent pas un grand souvenir de son passage. « Il était dans l’équipe 2 ou 3. On ne l’a jamais vu en équipe première. Il n’était pas au niveau, et puis il est resté très peu de temps », se souvientl’un d’eux pour So Foot. Parti à Paris pour ses études, François Hollande n’abandonne pas le football pour autant. Il continue de jouer le week-end avec ses potes de l’ENA, dont un certain Michel Sapin.

Son style de jeu

« Je n’étais pas vraiment doué pour le football, ça a été très pénible pour moi », reconnaissait-il dimanche sur France Inter. En 2008, à l’occasion d’un match caritatif au profit de l’association France Alzheimer, François Hollande joue aux côtés d’Eric Besson et Eric Woerth. Gérard Houllier est alors l’entraîneur des politiques. « C’est un joueur élégant, disponible pour les autres et très généreux. Il jouait dans le couloir droit, mais aimait bien rentrer sur son pied gauche », assure l’ancien sélectionneur des Bleus à So Foot. Sur la pelouse, le chef de l’Etat n’a pas vraiment l’allure d’un Johan Cruyff. Roselyne Bachelot, présente en tribune, est d’ailleurs moins enthousiaste. « Le jeu de François Hollande ne m’a laissé strictement aucun souvenir ».

Le président de la République connaîtra malgré tout son moment de gloire : un penalty à Buenos Aires dans le stade mythique de Boca Juniors, lors d’un voyage officiel en Argentine en février dernier. En fin connaisseur, David Trézéguet apprécie. « Il a mis une frappe au côté gauche, il a vu que le gardien partait de l’autre côté… ». Quelques minutes plus tard, le président vend la mèche. « Il n’y avait pas de gardien, il n’y avait pas grand mérite ».

François Hollande supporter

Jeune, il est un spectateur régulier du stade Robert-Diochon du FC Rouen. « Je suis toujours leurs résultats, même si après une lente dégringolade jusqu’en CFA, ils sont aujourd’hui en National [aujourd’hui en Division d’Honneur] », confiait-il à un journaliste de Mediapart en 2009.

« Je suis resté attaché à Monaco, depuis l’époque Henry-Trézéguet et [parce] qu’il y a eu de belles équipes, même si la ville n’est pas franchement un symbole de foot démocratique. Et puis j’aime bien Guy Lacombe… ». Il ajoute apprécier également le FC Nantes et l’En-avant Guingamp. « Au final, dès que je m’intéresse à un club, il chute ». Depuis quelques années, François Hollande déclare sa flamme au Red Star, qu’il dit avoir soutenu déjà, dans sa jeunesse.

Avec Hollande, le foot est politique

Lorsqu’il soutient le Red Star, c’est aussi pour se démarquer de Nicolas Sarkozy, supporter éternel d’un PSG « bling-bling ». Le président est passé maître dans l’art de la métaphore footballistique. En avril dernier, il évoque le footballeur tchèque Antonín Panenka, devenu célèbre pour sa pichenette lors d’un penalty en 1976. « Ça, c’était un ballon tout mou. Parfois les mous peuvent atteindre la perfection, la subtilité, l’élégance, la surprise ».

Dimanche sur France Inter, le président s’en est donné à cœur joie. « Je me méfie du statut de favori […] Ce qu’on aime dans le sport, c’est soutenir les petits, faire en sorte que les outsiders l’emportent. Parfois, on arrive aux tirs au but, on n’est pas la meilleure équipe, mais on gagne quand même ». Ou encore : « Le sport, c’est comme la politique : soit on est dans le conflit, l’affrontement… Soit on partage quelque chose de plus grand et on est capable de s’élever ».