Marion Maréchal-Le Pen claque la porte à Béziers et recadre Robert Ménard

DEBAT La députée FN du Vaucluse a quitté ce samedi le «Rendez-vous de Béziers» après les propos tenus dans la matinée par son hôte Robert Ménard…

20 Minutes avec AFP

— 

Marion Maréchal-Le Pen, le 07 avril 2016.
Marion Maréchal-Le Pen, le 07 avril 2016. — CHAMUSSY/SIPA

« Une erreur politique majeure et historique ». Robert Ménard en a pris pour son grade ce samedi après avoir pris ses distances avec le Front National dont il ne veut pas être le « marchepied ».

« L’idée c’est : "On veut vos voix et pas vos gueules" »

La député FN du Vaucluse qui a claqué la porte du « Rendez-vous de Béziers » a fortement critiqué les propos de son organisateur Robert Menard : « L’idée c’est : "On veut vos voix et pas vos gueules". Il faut que ces gens-là se rendent compte que le FN est incontournable. Il y a un certain nombre de personnes qui sont dans des réflexes politiques sectaires », a accusé la députe du Vaucluse auprès de l’AFP et de Libération.

« Manifestement, il y avait un quiproquo : il semblerait que nous ne partageons pas la même stratégie avec M. Ménard. Dans le cadre de la Ve, les partis sont incontournables, on peut le déplorer, en déplorer les carences… Mais je considère aujourd’hui que le seul parti politique qui a le potentiel pour vaincre et appliquer des idées différentes, c’est le FN », a soutenu la nièce de Marine Le Pen.

>> A lire aussi : Béziers: Robert Ménard ne veut pas être «le marchepied» du FN

« La vraie droite, identitaire et souverainiste, c’est le Front national »

« La vraie droite, identitaire et souverainiste, c’est le Front national. Le plus efficace pour que ce socle soit appliqué, c’est le FN », a encore martelé Mme Maréchal-Le Pen.

« Ménard explique qu’il ne souhaite pas être le marchepied du FN, mais c’est dommage, car le FN si je me souviens bien a été son marchepied », quand il a été élu avec le soutien du parti d’extrême droite à la mairie de la sous-préfecture héraultaise en 2014.

Marion Maréchal-Le Pen, mandatée comme Gilbert Collard au nom du FN par Marine Le Pen pour venir à Béziers, avait hésité à venir après l’annonce par Robert Ménard dans la semaine du lancement d’un « mouvement citoyen » intitulé « Oz ta droite ! ». Elle a indiqué tout de même « ne pas regretter d’être venue ».

>> A lire aussi : Béziers: Un front désuni face à l'extrême-droite

« Il n’y a pas de drame et je continuerai à discuter avec Robert »

« Si le FN n’était pas présent, des personnes mal intentionnées auraient dit : "Le FN ne veut pas discuter".»

«Je suis pas là pour servir de caution au lancement d’un parti politique », a tranché la benjamine du Palais Bourbon, même si elle a rappelé être favorable à des « ponts et passerelles » avec la droite qui ne se retrouve ni au FN, ni aux « Républicains ».

Interrogée par Le Figaro sur une éventuelle rupture avec le maire de Béziers, la députée a toutefois démenti : « Non, je ne le souhaite pas. Il n’y a pas de drame et je continuerai à discuter avec Robert mais s’il explique que ses idées devront s’incarner si le Front national ne les reprend pas, que devons-nous en conclure ? Doit-on imaginer une nouvelle candidature pour la présidentielle ? Une tentative de prendre deux ou trois points au FN et d’empêcher Marine Le Pen d’accéder au second tour ? Moi, je ne partage pas cette stratégie. On peut avoir des alliés critiques mais compte tenu de l’urgence de la situation, accordons-nous au moins sur le fait que le FN est le seul parti capable de changer les choses », explique-t-elle.