Loi travail: Manuel Valls évoque des «modifications» et des «améliorations» mais pas de retrait

LOI TRAVAIL Le Premier ministre a réaffirmé qu’il n’y aurait pas de retrait du projet, au matin d’une nouvelle journée de mobilisation sociale...

Clémence Apetogbor

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Manuel Valls sur BFMTV, le 26 mai 2016.
Manuel Valls sur BFMTV, le 26 mai 2016. — BFMTV / Capture d’écran

Modifier en partie la loi travail oui, la retirer non. C’est en substance ce qu’a réaffirmé Manuel Valls ce jeudi. Le Premier ministre a évoqué jeudi de possibles « modifications » ou « améliorations » du projet de loi travail, même s’il est selon lui « hors de question de changer le cadre » du texte, notamment sur l’article 2 contesté par la CGT et FO.

« Il est hors de question de changer le cadre. Il peut toujours y avoir des modifications, des améliorations », a-t-il déclaré sur RMC/BFM TV, répétant qu’il n’y aurait pas de retrait du projet, au matin d’une nouvelle journée de mobilisation sociale.

La philosophie du texte ne sera pas modifiée

Pressé de dire quelles pourraient être ces modifications, le chef du gouvernement n’a pas précisé : « on verra, mais il n’y aura pas de modification de la philosophie du texte ».

Défilés à Paris et en province, sites pétroliers bloqués ou à l’arrêt, perturbations attendues dans les ports et les centrales électriques : les opposants au projet de loi travail, CGT en tête, multiplient jeudi les actions pour tenter de faire vaciller la détermination du gouvernement.

« Je suis respectueux de la CGT dont je connais l’histoire (…) mais ça n’est pas la CGT qui peut bloquer le pays, ce n’est pas la CGT qui peut imposer un texte de loi », a dit Manuel Valls jeudi matin en écho à ses propos de la veille à l’Assemblée, fustigeant à nouveau « l’irresponsabilité » du syndicat.

La France se « meurt parfois dans ses conservatismes »

« Moi, je vais retirer un texte ? Ou je vais réécrire un article qui est le coeur de sa philosophie, c’est-à-dire la négociation dans l’entreprise ? », a-t-il évacué, tout en reconnaissant que « beaucoup d’aspects » du texte n’avaient pas été « compris ».

« Ce pays se meurt parfois de ses conservatismes, de son impossibilité à réformer, c’est pour ça que nous sommes dans un moment crucial », a-t-il plaidé.

La journée de mobilisation à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL est la huitième depuis mars. Une neuvième est déjà programmée le 14 juin, avec un rassemblement unique à Paris.