François Hollande taclé par ses anciens ministres

GOUVERNEMENT Les ministres ont dressé dans Le Monde un bilan plus que critique du président de la République...

Clémence Apetogbor

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François Hollande lors de la 4e Conférence nationale sur le handicap
François Hollande lors de la 4e Conférence nationale sur le handicap — GONZALO FUENTES / POOL / AFP

Une dizaine d’anciens ministres PS dressent dans Le Monde daté de samedi un tableau très critique du bilan de François Hollande. Un manque de travail avant 2012, une difficulté à donner le sens de son action, une ligne indécise, ou même contraire aux promesses de campagnes… tout y passe.

Dominique Bertinotti, ancienne ministre de la Famille, estime notamment que l’exécutif de n'a pas su « expliciter » la politique menée, en dépit de sa « cohérence ».

Pour Nicole Bricq (Ecologie, puis Commerce extérieur), le « récit du quinquennat (…) n’a été fait ni par François Hollande, qui n’est pas un théoricien, ni par  Jean-Marc Ayrault (l'ancien Premier ministre), qui n’est pas un communicant ».

Le gouvernement n’a pas su tenir un discours de « vérité »

L’ancienne ministre de la Décentralisation, Marylise Lebranchu, regrette de même que le gouvernement n’ait pas su tenir un discours de « vérité » sur la situation du pays, après la publication du rapport « extrêmement sombre » de la Cour des comptes en juillet 2012.

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« Il suffisait de dire la vérité de façon quelque peu solennelle, à savoir que, vu l’état des comptes publics, on ne pouvait rien faire sans augmenter les impôts ».

L’ex-ministre, proche de Martine Aubry, regrette également le « refus » de l’exécutif de parler de certains sujets.

Une « politique des deux fers au feu »

« Beaucoup, comme moi, ont pendant des mois poussé le président de la République à parler de l’Europe et du monde, afin d’expliquer nos choix, notamment en matière de politique économique, dans le contexte de la mondialisation. Il nous répondait : « ça n’intéresse personne » », témoigne-t-elle.

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Et les reproches continuent de pleuvoir. 

Nicole Bricq (Ecologie, puis Commerce extérieur) pointe l’incohérence de la ligne gouvernementale . « A Bercy, tout le monde a vu qu’il y avait deux lignes politiques : Montebourg était le ministre de la démondialisation, et Moscovici et moi, nous étions les ministres de la mondialisation. »

Une « politique des deux fers au feu » que déplore aussi l’ancien ministre de la Ville François Lamy.

Un président qui n’aime « que les riches »

« Face à une personnalité forte comme Montebourg, qui se sentait protégé par son score à la primaire, Ayrault a très vite souffert d’un manque de poids politique, et ça s’est ressenti dans les arbitrages. Il faut ajouter à cela la personnalité du président de la République, dont il est souvent difficile de savoir ce qu’il pense réellement, et qui sème le doute sur ses intentions, ce qui complique les choses », analyse-t-il.

« Le président qui n’aimait pas les riches, en fait, n’aime que les riches », tacle l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti (aile gauche).

Michèle Delaunay (Personnes âgées) regrette « qu’il n’y a (it) pas eu ces derniers mois un grand discours sur les réfugiés. Nous sommes de gauche, et nous n’avons pas été capables de rappeler ce qui a fait la tradition d’accueil séculaire de la France ».