VIDEO. Présidentielle 2017: Les signes qui montrent que François Hollande est déjà en campagne

MOI, (RE)PRESIDENT Les récentes sorties médiatiques de François Hollande laissent peu de place au doute…

W.P.
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François Hollande, dans les locaux d'Europe 1, le mardi 17 mai 2016.
François Hollande, dans les locaux d'Europe 1, le mardi 17 mai 2016. — MIGUEL MEDINA-POOL/SIPA

Emmanuel Macron ? Arnaud Montebourg ?  Manuel Valls ? Et si, finalement, le candidat du PS pour la prochaine élection présidentielle n’était autre que François Hollande ? Si le chef de l’Etat n’a fait aucune déclaration officielle à ce sujet, il a laissé ces derniers jours de nombreux indices laissant penser que l’hypothèse est crédible. 20 Minutes les a recensés, et vous explique pourquoi François Hollande a une bonne tête de candidat.

Il a déjà un slogan

« Ça va mieux », ressasse sans cesse le natif de Rouen depuis plusieurs mois. Plus qu’un élan d’optimisme, le message traduit une idée globale que le (futur) président sortant espère imprimer dans l’esprit des électeurs, comme le ferait n’importe quel candidat à la présidence avec son propre slogan. Autrement dit, « Ça va mieux » est le nouveau « Le changement, c’est maintenant » de François Hollande, bien que ce dernier ait juré sur Europe 1 que « ce n’est pas un propos de circonstance, ou de campagne. C’est une réalité. » Bien tentée, l’excuse.

Son agenda médiatique est de plus en plus rempli

Raillé pour son excès d’optimisme (« La France va mieux ? C’est un déni de réalité ! », lançait Nicolas Sarkozy en avril), le chef de l’Etat a décidé d’illustrer sa désormais célèbre devise en visitant, le 17 mai dernier, l’entreprise Ethypharm (Grand-Quevilly), qui affiche une hausse des effectifs de 10 % depuis 2010, et où tout va donc pour le mieux. Avant cela, François Hollande avait entamé sa journée de « campagne » sur le plateau d’Europe 1, où il a été interrogé une heure durant aussi bien sur des sujets d’actualité comme la loi travail et le concert de Verdun, que sur son intention de se présenter en 2017. Le président de la République a d’ailleurs bouclé son intervention par un subtil « j’aurai une décision à prendre en décembre. »

Il se pose en homme providentiel contre une droite forte

Malheureusement pour lui, François Hollande s’est largement trahi quelques minutes avant de lâcher sa mystérieuse réplique. « Il y a une alternative de droite qui existe, et si je ne suis pas… si la gauche n’est pas reconduite, ce sera la droite qui l’emportera ou l’extrême droite. » Volontaire ou pas, le lapsus laisse peu de place au doute, tout comme le fond du message, qui sous-entend qu’un seul homme à gauche peut faire barrage à une opposition aux crocs acérés, et c’est François Hollande en personne. « En dehors de la ligne que je représente, il n’y a pas d’autre alternative à gauche ! », a-t-il par ailleurs déclaré afin de calmer les ardeurs de ses opposants, Emmanuel Macron et Arnaud Montebourg.

Il tacle ses opposants et leur programme

Plus que les rebelles de l’aile gauche de l’échiquier politique, c’est à la droite que le candidat refoulé en veut le plus. « Ils disent à peu près tous la même chose. 100 milliards d’économie pour le prochain quinquennat. Alors que dans le précédent, il y a eu 600 milliards de dette en plus en cinq ans. C’est ça que j’ai reçu en héritage », a déclaré le chef de l’Etat sur Europe 1. Simple, précis, et efficace. Bref, de la bonne punchline de campagne. Mais il ne s’est pas contenté d’attaquer la droite sur la forme. Il s’est également posé en garant de valeurs que l’on pourrait qualifier de socialistes en prenant position sur la question de l’ISF. « Tous demandent une augmentation de la TVA. Dire aux Français : on va baisser l’impôt des plus favorisés et augmenter l’impôt de tous avec la TVA… Je dis franchement : lisez ce qui est proposé. »

Oui, François Hollande a bien activé le « mode campagne ». Reste désormais à voir comment son camp réagira à la nouvelle.