Loi travail: Des opposants sont interdits de manifestation mardi

SOCIAL Des militants du collectif Action Antifasciste Paris-Banlieue et du Mouvement interluttes indépendant ne pourront pas rejoindre les défilés mardi...

D.B.

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Une manifestation contre la loi Travail le 12 mai 2016
Une manifestation contre la loi Travail le 12 mai 2016 — Christophe Ena/AP/SIPA

C’est une nouvelle déclinaison de l’état d’urgence. Plusieurs opposants à laloi Travail ont reçu ces derniers jours l’interdiction de participer à la manifestation prévue mardi contre la loi El Khomri.

Le collectif Action Antifasciste Paris-Banlieue a publié sur Facebook et Twitter un courrier reçu par un de ses militants de la part de la Préfecture de Police de Paris. Il lui est ainsi notifié qu’il n’aura pas le droit de circuler dans les quatre arrondissements concernés par le défilé mardi (6ème, 7ème, 14ème et 15ème) entre 11h et 20h. Il lui est également interdit d’emprunter la place de la République et les rues alentour, où se réunissent les militants de Nuit Debout, de 18 heures jusqu’à 7 heures le mercredi. Selon Le Monde, des militants du Mouvement interluttes indépendant (MILI) ont reçu le même courrier.

Selon le site BuzzFeed, un journaliste photographe freelance travaillant magazine Fumigène a lui aussi reçu un courrier de la préfecture l’interdisant de couvrir la prochaine manifestation de mardi. Son avocat dénonce «une grave atteinte à la liberté de la presse». «Les agents ont annoncé à mes parents que j’étais assimilé à un casseur», a-t-il déclaré au site internet. 

posté le 16 mai, 2016 à 12:59 p.m.

 

« On rentrera par la fenêtre »

Pour justifier sa décision, le Préfecture de Police évoque l’article 5 de la loi sur l’état d’urgence, qui permet « d’interdire le séjour dans tout ou partie du département à toute personne cherchant à entraver, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics ». Elle souligne les débordements récents causés « par des groupes d’individus déterminés, organisés et masqués ». Le courrier indique aussi qu’il « y a tout lieu de penser la présence » de tel ou tel militant cité nommément aux rassemblements organisés contre la loi Travail.

Des injonctions qui ne semblent pas faire peur aux dits militants. « Ces arrêtés sont la preuve que le gouvernement et ses forces de l’ordre n’arrivent plus à retenir la colère d’une jeunesse (et pas seulement) déterminée et motivée contre la « loi travail » et son monde et que, dépassés, ils sont prêts à tenter n’importe quelle parade (comme l’accusation de « tentative d’homicide » sur un policier à Nantes par un lycéen de 18 ans à qui nous apportons tout notre soutien) pour tenter de la stopper. Vous voulez nous faire sortir par la porte ? On rentrera par la fenêtre… A bientôt dans les rues… », indique Le collectif Action Antifasciste Paris-Banlieue dans un communiqué.