Emmanuel Macron, un habitué des rétropédalages

EN MARCHE (ARRIÈRE) Le ministre de l'Economie a une nouvelle fois démenti des informations autour de son ambition personnelle pour 2017...

Thibaut Le Gal

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Macron qui rit, Macron qui pleure.
Macron qui rit, Macron qui pleure. — Photomontage 20Minutes.

« Un pas en avant, deux pas en arrière ». Emmanuel Macron a démenti ce jeudi avoir levé des fonds pour financer une éventuelle campagne présidentielle, comme l’affirmait BFM TV mercredi soir. Le 10 avril, lui-même annonçait pourtant qu’il procéderait « comme tous les partis à un appel aux dons ». Depuis quelques mois, Emmanuel Macron multiplie les rétropédalages. Pour mieux avancer ses pions en vue de 2017 ? 20 Minutes a passé au crible les reculades du ministre.

1. Le statut des fonctionnaires

Le statut « n’est plus adapté au monde tel qu’il va »

Emmanuel Macron

Interrogé sur la réforme de l’Etat le 18 septembre, Emmanuel Macron assure que le statut des fonctionnaires n’est « plus adapté au monde tel qu’il va » et « surtout n’est plus justifiable compte tenu des missions ».

«Une vision déformée de ma pensée»

Emmanuel Macron

Une fois la petite bombe lancée, le ministre rétropédale. « Les propos partiels rapportés donnent une vision déformée de ma pensée […] À aucun moment je n’ai parlé d’une réforme du statut de la fonction publique que le gouvernement envisagerait ».

 

2. Le lancement d’un mouvement

« Je ne commente jamais les rumeurs »

Emmanuel Macron

Début mars, il se murmure que le ministre prépare en secret « son mouvement pour 2017 », « à mi-chemin du laboratoire d’idées et du parti politique ». Interrogé par L’Express, Emmanuel Macron balaye l’information. « Je ne commente jamais les rumeurs ».

 

« J’ai décidé qu’on allait créer un mouvement politique nouveau ».

Emmanuel Macron

Quelques semaines plus tard, la rumeur devient un fait politique : le ministre de l’Economie lance son mouvement « En Marche ! ». « J’ai mis du temps, j’ai réfléchi, j’ai consulté, j’ai associé des gens et j’ai décidé qu’on allait créer un mouvement politique nouveau ».

 

3. Sa loyauté vis-à-vis de François Hollande

« Je ne suis pas l’obligé de Hollande »

Emmanuel Macron

Le 21 avril, le ministre s’affranchit un peu plus du chef de l’Etat. « Lorsqu’un président nomme quelqu’un ministre, il le fait parce qu’il pense que c’est bon pour son pays, pas pour en faire son obligé », assure-t-il dans un entretien au groupe Ebra.

 

« J’ai une loyauté personnelle envers François Hollande »

Emmanuel Macron

L’entretien n’est pas même sorti, la polémique enfle déjà. « On ne veut sortir qu’une phrase de son contexte, parce que certains souhaitent affaiblir le président de la République. C’est insupportable », corrige-t-il finalement. « J’ai une loyauté personnelle envers François Hollande, il m’a fait confiance et m’a nommé au gouvernement et donc je le respecte ».

4. Déchéance de nationalité

« On ne traite pas le mal en l’expulsant de la communauté nationale »

Emmanuel Macron

En février la gauche se déchire sur la déchéance de nationalité défendue par le gouvernement. Emmanuel Macron a cette petite phrase. « J’ai, à titre personnel, un inconfort philosophique avec la place (que ce débat) a pris, parce que je pense qu’on ne traite pas le mal en l’expulsant de la communauté nationale ».

 

« Mon souhait le plus profond, c’est que cette réforme puisse se faire »

Emmanuel Macron

Le lendemain, il estime que sa phrase a été mal comprise. « Mon souhait le plus profond, c’est que cette réforme puisse se faire comme le président de la République l’a voulu, parce que je suis loyal au président de la République et en sincérité avec mes convictions ».

 

5. Son couple dans Paris Match

Emmanuel Macron accepte de dévoiler son intimité

Emmanuel Macron

A la mi-avril, le couple Macron à la Une de Paris Match, « Ensemble sur la route du pouvoir ». Le magazine people dévoile des photos de l’intimité du couple et un entretien de Brigitte, épouse du ministre depuis 2007.

 

« C’est une bêtise, une bêtise qu’on a faite ensemble »

Emmanuel Macron

Face aux critiques, le ministre corrige le tir le lendemain. « C’est une bêtise, une bêtise qu’on a faite ensemble, non pas que ça ait beaucoup d’importance mais moi, ce qui m’importe le plus, au-delà de mon engagement, c’est mon couple », assure-t-il, n’hésitant pas à charger sa femme. « Mon épouse, elle ne connaît pas le système médiatique, elle le regrette d’ailleurs profondément ».

Qu'en dit le camp Macron ?

« Il ne s’agit pas de rétropédalages. Emmanuel Macron rectifie à chaque fois les imprécisions de la presse, et les phrases qui sont sorties hors de leur contexte », répond Emmanuel Terrasse, proche du ministre. Cette ambiguïté le sert-il ? « C’est une évidence», reconnaît le député. «Un homme public a besoin d’être sur le devant de la scène et Emmanuel Macron cultive cette différenciation avec les autres politiques. Mais si cette ambiguïté le sert, ce n’est pas lui qui la recherche ».