Affaire Baupin: De DSK à aujourd'hui, les dérapages sexistes ont secoué la vie politique française

SEXISME L’affaire Baupin nous rappelle à quel point la classe politique française est gangrenée par des problèmes liés au sexisme...

W.P.

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Denis Baupin, à l'Assemblée Nationale
Denis Baupin, à l'Assemblée Nationale — WITT/SIPA

Révélée lundi par France Inter et Mediapart, l’affaire accusant Denis Baupin de harcèlement et d’agressions sexuelles au sein du parti EELV ramène à une triste réalité, celle de l’omniprésence du sexisme au sein de la caste politique. Pas seulement dans les actes, mais aussi dans le verbe. 20 Minutes revient sur ces déclarations politiques misogynes qu’il faudrait ne plus jamais entendre

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Lellouche et Séguéla se lâchent sur l’affaire Baupin

L’affaire Baupin ne se suffit visiblement pas à elle-même. Alors que l’ex vice-président de l’Assemblée nationale fait l’objet d’une enquête préliminaire, d’autres personnalités politiques continuent de se fendre de remarques malvenues. Ainsi, Pierre Lellouche a balancé un « je commente l’international, les choses sérieuses, pas les histoires de bonnes femmes » tandis que Jacques Séguéla confond agression sexuelle et amour. « Les Verts sont nés de l’amour libre. Pour eux, les discours ne sont pas les mêmes, les rapports ne sont pas les mêmes. Il y a un côté un peu hippie écervelé qui a prêté à ça », a-t-il dit sur BFMTV en commentaire à l’affaire.

Le stylo érotique de Najat Vallaud-Belkacem

Dans le genre pas fin du tout, Hugues Foucault n’est pas mauvais. A l’occasion d’une session de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, en 2013, le maire d’une commune bretonne part en vrille sur Twitter au sujet de Najat Vallaud-Belkacem, dont il remarque qu’elle « suce son stylo très érotiquement. » Vivement réprimandé sur le réseau social, il persiste et signe dans un premier temps (« amusant comme la gauchosphère se lâche ! ») avant de faire demi-tour et de reconnaître sa faute (« je présente mes plus vives excuses à Mme Najat Vallaud-Belkacem ainsi qu’à tous ceux que j’ai choqués par mon tweet d’une infamie et d’une horreur totale »).

Jean-François Kahn et le « troussage domestique » de Dominique Strauss-Kahn

Mai 2011. Interrogé sur l’affaire Dominique Strauss-Kahn, qui vient de débuter, Jean-François Kahn est amené à commenter, sur France Culture, la polémique entourant l’alors directeur du Fonds monétaire international. Il déclare alors : « Je suis certain, enfin pratiquement certain, qu’il n’y a pas eu une tentative violente de viol, je ne crois pas, ça, je connais le personnage, je ne le pense pas. Qu’il y ait eu une imprudence, on peut pas le… je ne sais pas comment dire, un troussage. » Le créateur de Marianne s’est excusé peu après son dérapage.

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La robe à fleurs de Cécile Duflot

Juillet 2012. Cécile Duflot se présente à l’Assemblée nationale vêtue d’une robe bleue et blanche. Lorsqu’elle descend pour prendre la parole, elle se fait siffler par plusieurs députés. « Mesdames et messieurs les députés, mais surtout messieurs visiblement… », a-t-elle répondu au moment de prendre la parole. Interrogé peu après par Le Figaro sur ces réactions douteuses, Patrick Balkany déclarait, en réaction : « Nous l’avons admirée. Tout le monde était étonné de la voir en robe. Elle a manifestement changé de look, et si elle ne veut pas qu’on s’y intéresse, elle peut ne pas changer de look. D’ailleurs, peut-être avait-elle mis cette robe pour ne pas qu’on écoute ce qu’elle avait à dire ? »

Pamela Anderson, « l’oie gavée au silicone »

Le 14 janvier, l’annonce du passage de Pamela Anderson à l’Assemblée nationale sur une proposition de la députée EELV Laurence Abeille dans le cadre de la lutte contre le gavage des oies et des canards a fait régir beaucoup de monde au sein de la caste politique. Pour le meilleur, mais surtout le pire.

Laurence Rossignol, « c’est qui cette nana ? »

L’Assemblée nationale n’a pas le monopole du sexisme. Au Sénat, on sait également se mettre au niveau. C’est ainsi qu’en janvier 2013, alors qu’un projet de scrutin paritaire consistant à élire dans les départements un binôme homme-femme par canton est discuté au Sénat, Laurence Rossignol (PS), a entendu une remarque fort désagréable de la part de Bruno Sido (LR) alors qu’elle s’adressait à la tribune. Passablement énervée, elle s’est interrompue pour rétorquer : « Vous pouvez répéter, vous venez de dire, "c’est qui cette nana ?" Monsieur Sido, vous avez gagné ce matin la palme du misogyne beauf de cette assemblée ! » Et toc.

Les « atouts » de Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem est malheureusement habituée à faire l’objet de remarques sexistes. Le 26 août 2014, alors qu’elle vient d’être nommée ministre de l’Education nationale, celle-ci fait l’objet d’une remarque de mauvais goût de la part du conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine, Franck Keller (LR). « Quels atouts Najat Vallaud-Belkacem a-t-elle utilisés pour convaincre Hollande de la nommer à un grand ministère ? », s’était-il alors interrogé sur Twitter, avant d’effacer le tweet polémique.