VIDEO. Harcèlement sexuel: «Malaise», «choc», «faits graves»... La classe politique réagit à l'affaire Denis Baupin

REACTIONS Plusieurs personnalités politiques ont été invitées à commenter les révélations faites par Mediapart et France Inter concernant les accusations d'agressions sexuelles commises par Denis Baupin…

W.P.

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Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, en septembre 2010.
Denis Baupin, adjoint (Verts) au maire de Paris, en septembre 2010. — AFP PHOTO THOMAS SAMSON

Le vice-président de l’Assemblée Nationale et ex-député d’Europe Ecologie Les Verts, Denis Baupin, se retrouve au coeur d’ une vive polémique depuis que des révélations faites par plusieurs élues l’accusant de harcèlement sexuel ont été révélées par une enquête menée par Mediapart et France Inter. Si l’écologiste ne compte pas réagir et renvoie les journalistes vers ses avocats, la classe politique, elle n’a pas tardé à faire part de son indignation.

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Invité à donner son avis sur le cas Denis Baupin au micro de RMC, le député-maire de Bègles, Noël Mamère fait part de son « malaise », son « accablement » et sa « honte » devant ces révélations. Noël Mamère dénonce en outre une « pratique assez courante dans les milieux où les hommes sont au pouvoir. » Toujours sur RMC, Yves Contassot a admis être au courant du comportement de Denis Baupin, mais accuse la femme de ce dernier, la ministre Emmanuelle Cosse d’avoir « stoppé le débat. »

Sur France Inter, François de Rugy s’est quant à lui dit « abasourdi, car ce sont des accusations extrêmement graves qui sont portées ». Et d’ajouter qu’il n’a « jamais eu à connaître des faits de ce type, sinon je les aurais condamnés. S’il doit y avoir des condamnations elles seront à faire car on ne transige pas avec le droit des femmes, qui a toujours été très important pour les écologistes dans notre combat politique. » Le co-leader du groupe écologiste à l’Assemblée Nationale précise cependant qu’il n’est « ni dans le déni, ni dans le lynchage politico-médiatique » et invoque la justice en insistant sur la présomption d’innocence dont bénéficie celui qu’il désigne comme « un ami politique. »

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Le ton est plus ferme chez Bruno le Roux. Ce dernier a pris la parole sur Europe 1 et parle de « faits graves » et invite Denis Baupin à « donner des explications à la justice et ceux qui vont être saisis de cette affaire. » « Il doit s’exprimer, donner sa vision des faits. Il y a des faits qui sont jugés inadmissibles par celles qui les ont subies », a-t-il ajouté. Concernant l’éventuelle démission de l’écologiste de son poste à l’Assemblée Nationale, le Président du groupe socialiste, républicain et citoyen botte en touche. « La question va être posée au président [de l’Assemblée]. Moi je souhaite qu’il dise sa vérité et qu’il prenne ensuite toutes ses responsabilités. »

Enfin, sur France Info, Valérie Pécresse s’est dite « extrêmement choquée par ces témoignages [révélés par l’enquête] et par ce qu’ils révèlent », et pointe du doigt « des pratiques tout à fait intolérables. Les hommes politiques devraient être totalement exemplaires vis-à-vis de ces pratiques et apparemment ce ne serait pas le cas. »

La présidente de la région Ile-de-France en a profité pour rappeler indirectement que des accusations du même genre avaient visé Michel Sapin en 2015. « J’ai entendu un ministre mis en cause par des femmes journalistes il y a quelque temps », a-t-elle furtivement déclaré.