Michel Sardou, Amel Bent, Carla Bruni… Les politiques se racontent en musique

POLITIQUE Cinq personnalités politiques se dévoilent lundi à 20 h 55 sur France 3 dans « Politiques : ils connaissent la chanson »…

T.L.G.

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France 3/YouTube

« La vie, c’est plus marrant, c’est moins désespérant, en chantant ». Rachida Dati, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Luc Mélenchon, François Bayrou et Cécile Duflot se dévoilent lundi à 20 h 55 dans l’émission de Mireille Dumas, « Politiques : ils connaissent la chanson ». Ils évoquent leur enfance, leur famille, ou leur engagement politique à travers des chansons. Petit florilège.

Rachida Dati : Etre une femme de Michel Sardou

Sa chanson fétiche : Etre une femme de Michel Sardou. « Cela ne fait pas très 7e », s’amuse la maire de l’arrondissement. « Tout est dit, y’a du fantasme de femme, de la réalité de femme, de la frustration de femme. Moi j’écoutais ça quand j’étais adolescente, je trouvais ça génial. C’était totalement transgressif. J’étais quand même à l’institut Le Devoir [une école privée catholique] ». La musique évoque aussi les reproches dont elle était la cible en tant que ministre. « Je n’ai pas changé de look. On m’a dit de mettre moins de rouge à lèvres, moins de talons. Si vous voulez que je sois dépenaillé, à sentir du dessous-de-bras, mettre un baggy, d’accord, mais c’est pas moi », répond-elle.

Rachida Dati évoque aussi la « chair de poule » que lui procure La Maritza de Sylvie Vartan, « chanson universelle pour toutes les personnes qui ont dû quitter leur pays malgré elles, cette chanson me renvoie à mes racines, à la vie de mes parents », mais aussi Mamy Blue de Nicoletta que chantait sa mère, disparue en 2001 et Mon vieux de Daniel Guichard : « Une chanson qui me touchait car je me disais, ça peut être possible de regretter des moments ».

Jean-Pierre Raffarin : Que je t’aime de Johnny Hallyday

L’ancien Premier ministre est un inconditionnel du rockeur français. « C’est la chanson dans lequel il s’exprime le mieux. Johnny se donne ! Il incarne la vie, pas un raisonnement, une idéologie, mais une énergie. Cette chanson, c’est l’expression de la jeunesse ». La chanson sort en 1969. « Après 68, on était tous peace and love. On avait une soif de liberté, et dans cette chanson-là, l’amour, c’est le don de soi ».

Jean-Pierre Raffarin cite également Nuits de Chine d’Anny Flore, « la chanson que chantait ma mère », La Ballade Des Gens Heureux de Gérard Lenorman, « la chanson fétiche des jeunes giscardiens » ou Dis, quand reviendras-tu ? de Barbara, « l’angoisse de l’amour de l’autre et le temps perdu qui ne se rattrape plus », qui lui rappelle « le sacrifice » de la carrière de sa femme pour la sienne.

Jean-Luc Mélenchon : Alors on danse de Stromae

« C’est une chanson formidable », assure le candidat à la présidentielle. « Ça montre comment on peut se libérer de l’enfermement en soi par décision de joie, alors on danse ». Il confie chanter avant de prendre la parole en meeting. « Les sons ont cette vertu de mettre le corps et l’esprit en harmonie ».

Jean-Luc Mélenchon se reconnaît dans Lily de Pierre Perret, qui raconte « la souffrance de l’exilé » : son départ du Maroc pour la France à 11 ans. « On avait un accent chantant, personne parlait comme nous. Nous étions des sortes de Martiens. […] En ce moment, il y a beaucoup de Lili sur les routes d’Europe. Ça me percute. Je marche avec eux ».

D’autres chansons font écho à son combat politique : Pauvre Martin de Brassens, « la misère, ma mère m’a appris à regarder ça en face », ou Ma France de Jean Ferrat. « À l’instant, où je l’ai entendue, elle a pris possession de moi ». Après la défaite de Lionel Jospin en 2002, le socialiste écoutait… Quelqu’un m’a dit de Carla Bruni. « Quand on est en dépression, on a envie qu’on vous chuchote aux oreilles, pas qu’on vous crie dessus ».

Cécile Duflot : Pile ou Face de Corynne Charby

L’écologiste a-t-elle l’impression d’avoir vécu sa vie aussi « indifféremment » que la chanteuse ? « Un peu comme ça. D’avoir regardé les déroulés. Je suis une bonne nature moi j’aime bien la vie, j’aime les rencontres ».

Cécile Duflot apprécie aussiJe viens du fond de mon enfance de Mannick. « La femme politique que je suis s’est beaucoup forgée à cette époque, et avec ses chansons ».

Elle cite aussi Le Bagad de Lann-Bihoué d’Alain Souchon, et cette idée de ne « pas passer à côté de sa vie, ne pas avoir peur », La vie en rose, d’Edith Piaf. « Elle me mettait mal à l’aise quand j’étais petite fille, et maintenant elle bouleverse la femme que je suis devenue ».

Autre chanson évoquée, Ma philosophie d’Amel Bent. « Dans le fond, je suis un peu une fille de banlieue, et ça me parle. Elle dit quelque chose de la gnaque des filles d’aujourd’hui ».

François Bayrou : Les enfants du Pirée de Dalida

« C’est la première chanson dont je me souvienne. C’était mon premier coup de foudre, à 6-7 ans », raconte François Bayrou, bouleversé à l’époque par une chanteuse d’un orchestre du village. « A la maison, il y avait des livres, ça a fait ma vie. Mais il n’y avait pas de musique. La musique, c’est un terrible manque pour moi, un manque tous les jours », confie l’ancien ministre.

Le président du Modem aime le titre I will survive de Gloria Gaynor. « Une chanson que j’entends comme quelqu’un qui refuse de se rendre. Ça évoque pour moi comme en écho, quelque chose de pas si facile, ni agréable à vivre : le bégaiement ». Il parle également de la « masculinité stupide » chantée par Brassens dans Mysoginie A Part ou Ma plus belle histoire d’amour de Barbara. Un message pour ses électeurs ? « Je les aime, mais je ne leur chante pas ».