Angela Merkel veut lutter contre la montée du FN en France

POLITIQUE La chancelière a peu l’habitude de commenter la situation politique intérieure française...

Clémence Apetogbor

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La chancelière allemande Angela Merkel le 12 mars 2016
La chancelière allemande Angela Merkel le 12 mars 2016 — Thomas Kienzle / AFP

Peu habituée à commenter la situation politique française, la chancelière allemande Angela Merkel a affirmé vouloir s’engager dans la lutte contre la montée du Front National en France, alors que le parti dirigé par  Marine Le Pen a critiqué Berlin à plusieurs reprises.

« Je vais essayer de contribuer à ce qu’évidemment d’autres forces politiques soient plus fortes que le Front national pour autant qu’on puisse le faire de l’étranger », a indiqué la dirigeante conservatrice à l’occasion d’une visite au Lycée français de Berlin.

Ascension de l’AfD outre-Rhin

« Mais c’est une force (politique) à laquelle nous devons nous confronter, exactement comme nous avons désormais en Allemagne des forces politiques qui ont un discours très négatif sur l’Europe quand on voit la rhétorique de l’AfD (le parti populiste de droite Alternative pour l’Allemagne) », a-t-elle ajouté.

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« Nous devons veiller à ce que l’Europe soit un projet que les gens comprennent », a-t-elle estimé. Il faut qu’ils voient que « c’est mieux avec l’Europe que sans l’Europe », selon elle.

Les Allemands, pour beaucoup préoccupés par l’arrivée de plus d’un million de demandeurs d’asile l’an dernier, ont assisté à l’ascension de l’AfD qui a conquis des sièges dans la moitié des puissants parlements régionaux ainsi qu’à l’assemblée européenne.

Deux partis anti-européen

L’AfD a en particulier obtenu de bons scores en mars dans trois scrutins régionaux et beaucoup parient désormais sur son entrée à la chambre des députés, le Bundestag, lors de son renouvellement l’an prochain.

Parmi ses diatribes anti-allemandes, la présidente du FN, Marine Le Pen, avait accusé le président français François Hollande d’être le «  vice-chancelier administrateur de la province France ».

Elle avait aussi qualifié l’an dernier Angela Merkel « d’impératrice » et l’avait accusé de « chercher à imposer une immigration clandestine « à la schlague » à toute l’Europe, après lui avoir imposé son ordre financier ».

« Ingérence »

« Les propos très graves de Mme Merkel (…) témoignent d’une ingérence dans nos affaires intérieures aussi outrancière qu’humiliante pour la France, et marquent une cruelle vérité : celle de la soumission de notre pays à l’Allemagne », écrit Marine Le Pen dans un communiqué.

« Pour s’autoriser de tels propos, il faut en effet que la chancelière allemande considère définitivement la France comme son pré-carré et François Hollande comme son vice-chancelier, par ailleurs si faible qu’il faudrait même l’aider, chez lui, à lutter contre son principal parti d’opposition » raille l’eurodéputée.

« Hélas, aucune réaction officielle française ne viendra protester contre cette ingérence manifeste de la patronne du gouvernement allemand dans les affaires démocratiques du peuple français », selon elle.