VIDEO. «A ce stade», François Hollande dit non au Tafta, Washington y croit encore

DIPLOMATIE Un arrêt des négociations sur le TTIP est aujourd’hui « l’option la plus probable » a estimé ce mardi le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur...

Clémence Apetogbor
— 
Le président François Hollande à l'Elysée, le 26 avril 2016.
Le président François Hollande à l'Elysée, le 26 avril 2016. — Thibault Camus/AP/SIPA

Le président de la République a prévenu. En l’état, Paris ne veut pas du Tafta, traité de libre-échange atlantique tant décrié.

« A ce stade » des négociations, « la France dit non » au traité de libre-échange atlantique (Tafta ou TTIP), a prévenu ce mardi François Hollande, car « nous ne sommes pas pour le libre-échange sans règle ».

« Jamais nous n’accepterons la mise en cause des principes essentiels pour notre agriculture, notre culture, pour la réciprocité pour l’accès aux marchés publics », a déclaré le chef de l’Etat en clôture du colloque « La gauche au pouvoir », à Paris, à l’occasion du 80e anniversaire du Front populaire.

Vers un arrêt des négociations

Un arrêt des négociations sur le TTIP est aujourd’hui « l’option la plus probable », en raison de « l’état d’esprit des Etats-Unis », a estimé ce mardi le secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur, Matthias Fekl, qui suit le dossier pour la France. Il a souligné que, compte tenu du poids de Paris dans l’UE, « il ne peut pas y avoir d’accord sans la France, et encore moins contre la France ».

Marine Le Pen, présidente du FN, a demandé « solennellement » mardi à François Hollande de sortir la France des négociations sur le Tafta, qui conduirait selon elle à « une catastrophe ».

« Je me tourne donc solennellement aujourd’hui vers François Hollande et je lui dis + Monsieur le président de la République, sortez immédiatement la France des négociations sur le Traité transatlantique, ne perdez plus un instant ! + » a lancé Marine Le Pen sur son blog « Carnets d’espérances ».

Washington y croit encore

L’administration américaine a assuré mardi à l’AFP avoir bon espoir de parvenir à un accord de libre-échange « ambitieux » avec l’Union européenne malgré des « différences » et la frustration croissante affichée par les autorités françaises.

« Nous sommes convaincus d’être bien partis pour parvenir à un accord TTIP ambitieux qui reflète les intérêts et les valeurs démocratiques de l’UE et des Etats-Unis », a déclaré à l’AFP Trevor Kincaid, porte-parole de la Représentation américaine au commerce extérieur (USTR) qui mène les négociations avec la Commission européenne.