1er mai de Jean-Marie Le Pen: Le FN demande à Arnautu et Gollnisch de quitter leurs fonctions, Gollnish va y «réfléchir»

POLITIQUE Une motion a été adoptée par le bureau politique...

Clémence Apetogbor

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Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, place des Pyramides à Paris le 1er mai 2016.
Jean-Marie Le Pen, président d'honneur du Front national, place des Pyramides à Paris le 1er mai 2016. — LEWIS JOLY/SIPA

Le bureau politique du Front national a adopté une motion demandant à Marie-Christine Arnautu et Bruno Gollnisch de quitter leurs fonctions au bureau exécutif et au bureau politique du parti à la suite de leur présence dimanche au rassemblement de Jean-Marie Le Pen pour le 1er mai, a-t-on appris lundi de sources concordantes.

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« Une motion a été adoptée par le bureau politique (qui compte 42 membres) pour demander leur démission, avec 3 votes contre et 4 abstentions », a indiqué un dirigeant du parti à l’AFP. L’adoption de cette motion a été confirmée par un autre dirigeant.

Réflexion 

Bruno Gollnisch a indiqué lundi à l’AFP qu’il allait « réfléchir » à la demande qui lui a été faite par le Bureau politique du Front national.

« Je vais réfléchir », a déclaré l’eurodéputé, évoquant une décision annoncée « sans doute la semaine prochaine », d’abord à Marine Le Pen, la présidente du FN.

« Mes états de service me permettent de ne pas devoir répondre dans l’instant à une sommation avec le couteau sous la gorge. Je vais consulter mes amis, prendre un certain nombre d’avis, voir mon emploi du temps, envisager toutes les implications de cette décision », a poursuivi l’ancien rival de Marine Le Pen dans la course à la présidence du parti en 2011, qui s’est étonné que le Comité central, un organe plus large que le Bureau politique, ne soit pas réuni.

Cette instance « n’est plus, si tant est qu’il ne l’ait jamais été, l’horizon indépassable de mes ambitions. Je peux faire autre chose », a ironisé Bruno Gollnisch.

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Incarner des valeurs traditionnelles

Il a toutefois « regretté sur un plan personnel » cette demande de démission, notamment car il a la « conviction qu’un certain nombre de gens comme (lui), qu’on le veuille ou non, incarnent la défense des valeurs traditionnelles, l’accueil de la vie, la famille, la lutte contre le fiscalisme, etc. »

Bruno Gollnisch a regretté qu’on ne l’ait pas laissé participer à l’ensemble des manifestations dimanche : hommages à Jeanne d’Arc de Jean-Marie Le Pen, puis de Marine Le Pen, banquet du FN. « Si l’on m’avait laissé agir de cette façon-là, je pense que cette tempête se serait résorbée en un verre d’eau. »

Une fidélité personnelle et politique

Sa présence au côté de Jean-Marie Le Pen, a-t-il répété, était l’expression d’une « fidélité personnelle et même politique », pas contradictoire selon lui avec son « soutien sans réserve à la candidature de Marine Le Pen ».

« Je crains qu’on soit reparti dans ce cycle qu’on a vu avec Jean-Marie Le Pen : tensions, confrontations, exclusions », a déploré l’eurodéputé.

Même s’il se « réjouit » de cette participation, il a jugé « un peu paradoxal » que Louis Aliot et Marion Maréchal-Le Pen puissent aller aux « Rendez-vous de Béziers » organisés fin mai par Robert Ménard, « qui attaque le FN », alors que « c’est très mal de déposer une gerbe comme on l’a fait depuis des années avec Jean-Marie Le Pen, qui estime que le manque d’unité peut nuire au succès de Marine Le Pen ».

Jean-Marie Le Pen avertit sa fille

Le cofondateur du Front national exclu du parti en août, a de nouveau mis en garde sa fille contre les risques pour la présidentielle de 2017 d’une « épuration » après la motion du bureau politique du FN.

« J’avertis Marine Le Pen, il reste un an avant les élections et il y a une voie pour gagner, c’est l’unité du parti. Mais si elle continue l’épuration qu’elle pratique à mon égard et à celui des personnages historiques du Front national, alors elle va dans le mur, c’est certain », a affirmé le président d’honneur exclu du FN, sur LCI.