«Islamo-gauchisme»: Epinglée par Jean-Marie Le guen, Clémentine Autain répond

POLITIQUE « Cette charge, aussi violente que délirante est indigne. Elle mérite de porter plainte politiquement », a estimé la militante…

Clémence Apetogbor
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Clémentine Autain
Clémentine Autain — BERTRAND GUAY / AFP

Clémentine Autain et Jean-Marie Le Guen se rendent coups pour coups. La militante, porte-parole d’Ensemble, a vertement répondu dans une tribune publiée mardi sur Lemonde.fr au ministre des Relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, pour qui elle incarne « l’islamo-gauchisme ».

« Me voilà donc promue porte-drapeau d’un "islamo-gauchisme", prête à "céder totalement au différentialisme culturel" en acceptant, tenez-vous bien, "de substituer des normes religieuses et communautaires à nos droits et nos règles républicaines". Cette charge, aussi violente que délirante est indigne. Elle mérite de porter plainte politiquement », explique la militante.

Jean-Marie Le Guen, un proche de Manuel Valls, tient ces propos dans le livre numérique «  La gauche qui vient » qu’il a récemment publié.

Les musulmans, « premières victimes de Daesh »

Clémentine Autain a appelé le ministre à « balayer devant sa porte ». Elle assure comprendre que « le contexte de Daesh conduise à un regard précautionneux » mais elle « appelle à la vigilance sur le deux poids deux mesures qui peut générer des replis identitaires que nous voulons précisément éviter ».

« Ce que je n’accepte pas, c’est que la laïcité, comme l’égalité hommes/femmes, soit instrumentalisée au service d’une chasse aux musulmans », poursuit-elle, affirmant rester « aux côtés des victimes de Charlie, de l’Hyper Casher, des tueries de novembre et de tous ceux qui refusent d’en faire payer le prix à tous les musulmans qui se trouvent par ailleurs les premières victimes de Daesh à l’échelle mondiale ».

Clémentine Autain juge enfin qu’avec le Premier ministre, Jean-Marie Le Guen tente de « masquer leurs partis pris qui ne sont ni de gauche ni de gauche » pour « éviter de discuter de leur bilan comme du vide de leur projet ». « Ils tentent de polariser le débat politique sur la question de l’identité au détriment de l’égalité », regrette-t-elle.