« Hé oh la gauche ! »: Les soutiens de Hollande font le SAV du quinquennat

SAV Lundi, 25 ministres seront en meeting à Paris pour vanter le bilan du gouvernement…

Thibaut Le Gal
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François Hollande, illustration.
François Hollande, illustration. — GUILLAUME SOUVANT / POOL / AFP

« Hé oh ! Hé oh ! On se met au boulot ». Pour les partisans de François Hollande, l’heure de la reconquête a sonné. A un an de la présidentielle 2017, le chef de l’Etat laisse toujours planer le doute sur une éventuelle candidature. Qu’importe ! Les Hollandais, eux, se mobilisent. Lundi, Stéphane Le Foll organise un meeting de soutien à l’exécutif dans un amphithéâtre de la faculté de médecine de Paris. Le porte-parole du gouvernement et ses invités, 25 ministres et secrétaires d’Etat, viendront défendre un bilan positif du quinquennat.

Redorer le blason du chef de l’Etat

« Il est temps qu’on se réveille pour dire à la gauche : "N’oublie pas que si tu critiques, on a fait des choses, et en particulier dans les grandes questions de l’éducation, de la santé, du modèle social." […] Ce qui m’a peiné depuis beaucoup de temps, c’est qu’on était dans l’incapacité de défendre ce qu’on a fait », a lancé Stéphane Le Foll, invité du Grand Jury RTL/LCI/LeFigaro ce dimanche. « Il est temps de se mobiliser pour redonner de la clarté, pour interpeller les électeurs à qui on a dit qu’on avait trahi », a-t-il renchéri.

Face aux sondages catastrophiques éliminant François Hollande au premier tour, l’opération intitulée « Hé oh, la gauche ! » vise à redorer le blason du chef de l’Etat. « On est dans une situation invraisemblable, celle d’un socialiste bashing et d’un Hollande bashing qui confinent à la névrose obsessionnelle », s’agace Jean-Christophe Cambadélis dans le JDD. « On peut critiquer mais aujourd’hui on s’acharne. Il y a une dimension de bouc émissaire. Il faut donc rétablir les faits ».

Mettre en avant le bilan social

Les Hollandais vont se succéder à la tribune pour faire le SAV du gouvernement. Après des mois de divisions sur les questions identitaires (déchéance de nationalité,voile) et sécuritaires (état d’urgence), l’exécutif veut mettre en avant le bilan social pour marquer ses différences avec la droite.

Le meeting vise aussi à afficher une gauche unie. Stéphane Le Foll a d’ailleurs insisté sur la présence d’Emmanuelle Cosse, des écologistes de l’UDE, de Barbara Pompili et du radical Jean-Michel Baylet. Une union de la gauche qui se réduit pourtant comme peau de chagrin au fil du quinquennat. « François Hollande rassemble toujours une partie de la famille écologiste, les radicaux. Il ne fait pas le rassemblement total, mais on va faire le boulot, parler avec les camarades communistes et écologistes pour se rassembler », espère Luc Carvounas, sénateur PS.

Macron et les frondeurs, pas invités

L’unité semble déjà difficile à trouver au sein même de la famille socialiste. Les frondeurs n’ont pas reçu de cartes d’invitation. « Les proches de François Hollande commencent manifestement une campagne partisane pour le président sortant sans la moindre intention de rassembler les socialistes et la gauche », déplore la frondeuse Marie-Noëlle Lienemann. « C’est hélas la stratégie développée depuis cinq ans : réduire sans cesse le périmètre de ses soutiens. Cette initiative n’est pas de nature à inverser l’impasse dans laquelle François Hollande s’est placé ».

Autre absent de marque, Emmanuel Macron. Le ministre de l’Economie n’a pas été convié à la réunion publique. « C’est intéressant… Voir les acteurs du quinquennat être à la fois juges et parties pour faire leur propre bilan », raille un député de la majorité. « Il ne suffit pas de crier hé oh ! pour avoir des soutiens. Il faut faire un véritable travail introspectif. Je dis attention, car la France est un peuple très politique. Quand on essaye de les enfumer, ils s’en rendent compte… ».