Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, le 6 février 2016 à Paris lors d'une conférence de presse.
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, le 6 février 2016 à Paris lors d'une conférence de presse. — CHAMUSSY/SIPA

PRESSION

Primaire à gauche: Des adhérents du PS prêts à saisir la justice pour forcer Cambadélis à l'organiser

Ces militants disent avoir les statuts du Parti socialiste de leur côté...

Ça s’agite autour de la primaire à gauche. Hollande serait d’accord pour trouver un nouvel élan… Finalement Hollande enjamberait la primaire et l’enterrerait de fait… De toute façon, les autres partis de gauche ne veulent pas d’une primaire à la sauce PS… En tout cas, des adhérents socialistes veulent leur primaire, inscrite dans les statuts du parti. Et ils sont prêts à traîner leur parti en justice pour obtenir gain de cause.

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Trois adhérents socialistes somment lce jeudi leur premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, de réunir « avant le 6 mai » un Conseil national fixant le calendrier et les modalités d’organisation de la primaire prévue par les statuts du parti, sous peine de saisir la justice.

Dans un courrier rédigé par leurs avocats William Bourdon et ses associés, dont l’AFP a obtenu copie, il est rappelé que les statuts du PS prévoient que « le candidat à la présidence de la République est désigné au travers de Primaires citoyennes ouvertes à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la République et de la gauche et co-organisées par les formations politiques de gauche qui souhaitent y participer », et qu'« au moins un an avant l’élection présidentielle, le Conseil national (le parlement du PS, ndlr) fixe le calendrier et les modalités d’organisation des primaires ».

Dissensions à gauche

« Dans ces conditions, il est constant et indiscutable que l’organisation des primaires citoyennes est une obligation au regard des statuts du Parti socialiste et que vous en êtes le garant », écrivent les auteurs, qui affirment qu’une première missive en ce sens est restée lettre morte. « Nos clients considèrent également (…) que le fait que la participation de certains partis à ces primaires citoyennes soit incertaine ne saurait constituer en quoi que ce soit un argument pour retarder, différer, la mise en oeuvre effective de ces primaires citoyennes, sauf à risquer de convaincre de l’absence de volonté réelle des les organiser », écrivent également les auteurs de la lettre.

Le Conseil national du PS a approuvé le 9 avril, à l’unanimité, le principe d’une primaire de la gauche et des écologistes début décembre, tout en renvoyant au mois de juin leur décision finale sur un processus qui semble avoir peu de chances d’aboutir. Parallèlement, l’idée d’une primaire « des gauches et des écologistes » a été lancée en février par un collectif d’intellectuels et de responsables politiques. Mais cette volonté se heurte notamment à la fin de non-recevoir de Jean-Luc Mélenchon, qui a déjà déclaré sa candidature à l’Elysée, tandis que le Parti communiste refuse de participer à une compétition à laquelle pourrait prendre part François Hollande. Quant au chef de l’Etat, il a indiqué qu’il donnerait sa décision sur une éventuelle nouvelle candidature « à la fin de l’année », ce qui laisserait une fenêtre de tir assez courte pour organiser une primaire.