Manuel Valls recadre Emmanuel Macron sur l'ISF

ECONOMIE Le Premier ministre a également rappelé ses troupes à l’ordre et exigé que chaque ministre « soit pleinement attelé à sa fonction »…

20 Minutes avec AFP

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Manuel Valls le 21 mars 2016.
Manuel Valls le 21 mars 2016. — Lewis Joly/SIPA

Le Premier ministre a répondu au ministre de l’Economie par médias interposés. Ce mercredi, Manuel Valls a estimé, au micro de France Info, que supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) serait « une faute » au « nom même de la justice ».

Il répondait à une déclaration du ministre d’Emmanuel Macron dans la revue spécialisée Risques, reproduite mercredi par Le Figaro.

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« Au moment où nous créons la prime d’activité, où nous avons annoncé la prolongation de cette augmentation du RSA, où nous nous attaquons pleinement à ce fléau que représente la pauvreté, où nous ouvrons ce débat sur le revenu universel, au nom même de la justice (…), supprimer cet impôt, qu’on peut toujours améliorer, rendre plus efficace d’un point de vue économique, serait une faute », a dit le Premier ministre

Rappel à l’ordre à un an de la présidentielle

De son côté, Le Figaro a reproduit mercredi des déclarations d’Emmanuel Macron dans la revue Risques. « Je pense que la fiscalité sur le capital actuelle n’est pas optimale ». « Si on a une préférence pour le risque face à la rente, ce qui est mon cas, il faut préférer la taxation sur la succession aux impôts de type ISF », a déclaré le ministre de l’Économie.

« Je demande à chaque ministre, puisqu’il reste encore un an, d’être pleinement attelé à sa fonction, à sa mission. Il y a encore beaucoup à faire pour l’économie française, pour la rendre plus compétitive, pour soutenir nos entreprises en France et à l’étranger », a également déclaré Manuel Valls, interrogé sur son ministre de l’Économie.

Créé en 1989, l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui a succédé à l’IGF (impôt sur les grandes fortunes) instauré par François Mitterrand en 1981 et abrogé par Jacques Chirac durant la cohabitation, a depuis subi de multiples aménagements.