Nicolas Sarkozy aurait tenté de «débarquer» Jean-Louis Debré du Conseil constitutionnel

LES REPUBLICAINS L’ancien Sage explique que l’ex-président de la République n’a « aucun sens de l’Etat »…

20 Minutes avec AFP

— 

Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, à Paris en octobre 2010
Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, à Paris en octobre 2010 — THOMAS SAMSON / AFP

Jean-Louis Debré n’aime pas Nicolas Sarkozy. Il n’a d’ailleurs pas hésité à le clamer haut et fort ce mardi matin sur Europe 1, affirmant par ailleurs que l’ancien chef de l’Etat avait cherché à le « débarquer » du Conseil constitutionnel, dont il a occupé la présidence de 2007 jusqu’à début 2016.

« Est-ce acceptable que lorsqu’une décision ne convient pas au pouvoir, on cherche à débarquer le président du Conseil constitutionnel ? », s’est interrogé Jean-Louis Debré ce mardi à propos de Nicolas Sarkozy, dans une interview donnée à Europe 1.

>> A lire aussi : «Sarkozy est fini», affirme Jean-Louis Debré

« Quand vous êtes sans arrêt en train de refuser les décisions du Conseil constitutionnel, de demander aux juges comment contourner la jurisprudence, cela montre que vous n’acceptez pas les institutions et l’État », a également affirmé l’ancien ministre de Jacques Chirac à propos du président des Républicains.

Une « inimitié réciproque »

Interrogé sur son livre « Ce que je ne pouvais pas dire » (éditions Robert Laffont), un « journal de bord tenu durant neuf ans », Jean-Louis Debré a également souligné que ses relations avec François Hollande « sont ce qu’elles auraient dû être avec Nicolas Sarkozy ». « Je n’ai jamais eu cette agressivité avec François Hollande », a-t-il considéré. « J’ai annulé autant de décisions de droite que de gauche », a tenu à souligner Jean-Louis Debré au micro de Jean-Pierre Elkkabach, après avoir reconnu son « inimitié réciproque » avec l’ancien chef de l’État, Nicolas Sarkozy.

>> A lire aussi : Bernard Debré ne veut pas de Nicolas Sarkozy comme candidat à la présidentielle 2017

Enfin, se prononçant sur la primaire à droite, il a considéré qu’Alain Juppé est « compétent et a le sens de l’État », contrairement à Nicolas Sarkozy, qui lui, « n’a aucun sens de l’Etat. C’est un chef de clan auquel il est interdit de résister, surtout au nom du droit », écrit Jean-Louis Debré dans son livre.