Pour la presse britannique, Emmanuel Macron est le nouveau Tony Blair

COMPARAISON Si la comparaison est peu flatteuse, Tony Blair étant impopulaire outre-Manche, Emmanuel Macron a lui parlé d’un « compliment »…

C. A.

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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron — PATRICK KOVARIK / AFP

Lors d’une interview diffusée outre-Manche dimanche, Andrew Marr, vétéran des intervieweurs politiques de la BBC, a comparé Emmanuel Macron à un certain Tony Blair, rapporte Le Monde.

Alors que le ministre de l’Economie expliquait qu’il fallait dépasser le clivage gauche-droite, Andrew Marr lui a lancé : « Quand je vous entends parler comme ça, vous me rappelez énormément un jeune Tony Blair. Est-ce que ça vous horrifie ? Ou êtes-vous content ? »

Une comparaison peu flatteuse, au regard de l’impopularité de l’ancien Premier ministre britannique au Royaume-Uni, notamment à cause de l’engagement controversé du pays dans la guerre en Irak.

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« Merci du compliment »

Dans l’interview enregistrée mercredi et diffusée dimanche, Emmanuel Macron a toutefois préféré parler d’un « compliment ». « Merci du compliment. Je ne sais pas si dans votre bouche, c’est un compliment ou une menace, mais je vais prendre ça comme un compliment. » Le ministre de l’Economie, qui a lancé son mouvement « En marche ! » le 6 avril, n’a donc pas rejeté en bloc la comparaison avec celui qui avait promu la fameuse « troisième voie », censée dépasser le clivage gauche-droite.

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La BBC n’est pas la première à faire la comparaison entre le ministre français de l’Economie et l’ancien homme fort britannique. En janvier, le Times notait, dans un long portrait consacré à Emmanuel Macron, que « son attitude amicale – il tutoie plutôt que de vouvoyer – rappelle le début de Blair quand celui-ci essayait de moderniser la politique britannique ».

Ces dernières semaines, la presse britannique s’est demandé si Emmanuel Macron était celui qui allait enfin réformer la France. The Economist a salué son « optimisme face au misérabilisme de la politique française actuelle », quand le Financial Times soulignait qu’il fait le « pari risqué mais pas invraisemblable » que les deux grands partis traditionnels du paysage politique français vont s’effondrer après la présidentielle de 2017.

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A la question « François Hollande pourrait-il être réélu en 2017 ? », le ministre de l’Economie a marqué une pause embarrassée. Puis a estimé que « nous sommes à un an de l’élection, c’est bien trop loin. (…) Mais si [le président de la République] prend des décisions fortes et qu’il explique ce qu’il fait, il pourrait vraiment se retrouver dans une situation pour gagner. »