«Sarkozy est fini», affirme Jean-Louis Debré

PIQUE L'ex-président du Conseil constitutionnel a enfin le droit de dire ce qu'il pense. Et il s'en sert pour enfoncer le président des Républicains...

M.P.

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Jean-Louis Debré, l'ex-président du Conseil constitutionne. 
Jean-Louis Debré, l'ex-président du Conseil constitutionne.  — Eric Feferberg AFP

Depuis qu’il n’est plus président du Conseil constitutionnel, Jean-Louis Debré n’est plus tenu par son devoir de réserve. Il en profite ainsi pour dire désormais à haute voix tout ce qu’il pense des hommes politiques. Et il n’est pas tendre avec Nicolas Sarkozy qui, d’après lui, « devrait prendre acte » que pour lui « c’est fini », dans un entretien publié dans Le Point.

Mais finalement, c’est dans son livre Ce que je ne pouvais pas dire (à paraître le 21 avril chez Robert Laffont), dont les extraits sont publiés par l’hebdo, qu’il se montre le plus saignant. Ainsi, il raconte qu’en 2008, après la décision du Conseil constitutionnel de censurer une partie de la loi sur la rétention de sûreté, Sarkozy tente de contourner cette décision. « Rien ne m’étonne plus de Sarkozy. Il n’a aucun sens de l’Etat. C’est un chef de clan auquel il est interdit de résister, surtout au nom du droit. » De manière générale, « son interprétation de la Constitution est plus que discutable, mais peu lui importe », juge-t-il selon les extraits parus dans l’hebdomadaire.

Juppé également dans le viseur

Quant à Alain Juppé, qui a beau être un chiraquien, on ne peut pas dire que Jean-Louis Debré lui réserve un traitement de faveur. « Alain Juppé, écrit Debré, qui ne s’est pas souvent déplacé depuis cinq ans pour lui rendre visite [à Jacques Chirac] à son bureau de la rue de Lille, lui manifeste aujourd’hui son émotion -elle n’est pas feinte- et sa satisfaction de le revoir. Chirac n’a jamais manqué une occasion de faire [son] éloge. Juppé, de son côté, ne doit jamais rien à personne. »

Plus généralement, il juge qu'« à droite, la crise est pathétique. Les candidats à la primaire proposent tous la même chose et ne cessent de se dénigrer entre eux ».