«En marche», les ratés de la petite entreprise d'Emmanuel Macron

OUPS Le ministre de l'Economie veut renouveler l'offre politique, mais tombe dans les mêmes pièges que les autres...

M.P.

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Emmanuel Macron, a visité le Campus d'OVH, à Roubaix.
Emmanuel Macron, a visité le Campus d'OVH, à Roubaix. — M.Libert / 20 Minutes

En lançant son mouvement la semaine dernière, Emmanuel Macron a dit son ambition de renouveler l’offre politique, d’être novateur. Avec « En marche », qu’il ne veut ancrer ni à gauche ni à droite, le ministre de l’Economie voulait continuer son opération séduction auprès des Français, alors qu’il a déjà les faveurs des sondages. Sauf qu’en quelques jours, le ministre a déjà multiplié les couacs. Florilège.

Une com' politique à la papa pour un parti qui se veut révolutionnaire

Il l’a dit, il veut faire autrement, renouveler l’offre politique. Pourtant, quand il faut lancer la machine médiatique, le ministre fait dans le réflexe pavlovien de tout politique qui se respecte : présenter son couple en une de Paris-Match, mettre en avant sa vie privée dans une mise en scène parfois surréaliste.

13 000 adhérents ou 13 000 clics ?

Invité au JT de France 2 dimanche, il avait annoncé fièrement que son site Internet recensait « une adhésion toutes les trente secondes », soit 13 000 depuis le lancement. Un chiffre énorme. Et peut-être bien largement surévalué, si l’on en croit le Canard Enchaîné.

D’autant que,le site est fait de telle manière que, pour avoir accès à un quelconque contenu, l’internaute est obligé de s’inscrire. Ou d’adhérer, donc, selon Macron. Malin, mais faux.

Un soutien nommé Thierry Marx… Première nouvelle ?

Dans son envie de prouver que son parti dépasse les clivages et parle à la société civile, Emmanuel Macron avait mis en avant, entre autres,le soutien du médiatique chef Thierry Marx, présenté comme un soutien actif, voire porte-parole du tout nouveau mouvement. Sauf que non. Le chef cuisinier l’a démenti auprès de L’Express : « J’ai rencontré le ministre de l’Economie à deux occasions seulement. Et une autre fois, un membre de son cabinet m’a appelé, c’est tout. » Le cuisinier estime toutefois que l’initiative va dans le bon sens, mais qu’il n’a aucune « compétence pour être porte-parole » et qu’il « ne veut pas être assigné à un rôle ».

Oups, un clip sur les Français sans Français et copié sur Bernie Sanders

Dans cette vidéo, des Français parlent et disent leur envie, comme « en finir avec l’immobilisme » ou « essayer des idées neuves » et concluent par le fait qu'« il est temps de se mettre en marche ». Sauf que dans son clip, quasi aucune des personnes n’est Française. Sur ces images récupérées sur le site Gettyimages, les écoliers que l’on voit sont américains, les promeneurs allemands, l’adolescent à capuche est en fait un jeune New-Yorkais tiré d’un clip de ragga, et le prof de maths a déjà été vu dans une pub américaine.

Et il y a même une femme tout droit sortie d’un clip de campagne de Bernie Sanders…

Ni de gauche ni de droite, mais hébergé au sein d’un cercle de réflexion proche du patronat

Là, c’est Mediapart qui avait révélé l’affaire : son nouveau parti est domicilié à l’adresse du directeur de l’Institut Montaigne, un cercle de réflexion proche du patronat, plutôt libéral.

L’adresse légale du mouvement « En marche » n’est pas déposée au nom du directeur de l’institut, Laurent Bigorgne, mais « au nom de son épouse, qui est une amie personnelle d’Emmanuel Macron », a précisé une porte-parole du mouvement. « C’est un engagement et un service rendu à titre privé. Il n’y a aucun soutien logistique, ni aucun lien entre l’Institut Montaigne et le mouvement En Marche », a précisé la porte-parole.Mais très vite, toutefois, l’adresse a été changée.