VIDEO. François Hollande sur France 2: Entre empathie et répartie, les règles d'or d'un face-à-face avec les Français

EMISSION Ce jeudi soir sur France 2, le Président devra rester calme, faire preuve d’empathie, rebondir sur les remarques des quatre citoyens invités à l’interroger…

R.S.

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François Hollande sur le plateau de l'émission «Le Supplément», sur Canal , le 19 avrilo 2015.
François Hollande sur le plateau de l'émission «Le Supplément», sur Canal , le 19 avrilo 2015. — AFP

Pour un homme rompu aux joutes verbales, faire face à un panel de Français n’est, a priori, pas très risqué. Quoi que. Jeudi soir, François Hollande répondra aux questions de quatre citoyens sélectionnés, en direct sur France 2 depuis le Musée de l’homme de 20h15 à 21h45. Voici 5 conseils pour aborder ce rendez-vous en toute sérénité.

1. Ne pas être perturbé par les écarts de langage des invités

Une émission de débat avec le Président n’est pas un concours d’éloquence. Heureusement pour certains invités qui n’ont pas forcément l’intention de gommer leurs tics de langage, même grossiers. Si certaines questions sont préparées, on n’est jamais à l’abri d’une provocation, un propos déplacé voire d’une insulte, qui pourrait déstabiliser un Président habitué aux formules de politesses les plus pompeuses. Exemple type avec cet invité qui dégaine sans préavis un « Oh merde » après un léger bug vocal. Notez la réaction tout en contrôle de François Hollande, juste amusé.

2. Rebondir sur une petite phrase anodine pour claquer une bonne punchline

Face à un interlocuteur hésitant, à la voix chevrotante, il peut être judicieux de lui couper la parole pour glisser une bonne une bonne punchline, soigneusement préparée. L’idéal est de rebondir sur un mot ou une expression saisie à la volée. Bon, dans le cas présent, il s’agit de l’intervieweur de TF1, Thierry Demaizière. Mais la technique est la même. A l’évocation de la « pluie », paf ! François Hollande dégaine : « Oui, comme si je pouvais arrêter la pluie ! ». Imparable.

Faire croire qu’on aime les questions désagréables

Technique classique évoquée dans le traité« L’art d’avoir toujours raison », de Schopenhauer, présent sur toutes les tables de chevet de politiciens. Quand vous êtes acculé, voire moqué, faites mine d’apprécier. Avec un peu de chance, le rapport de force sera inversé. Et la frange la plus crédule du public, retournée. Exemple type avec Nicolas Sarkozy qui croit moucher un étudiant impertinent en direct. « Si je ne voulais avoir que des questions agréables, je ne serais pas venu. Donc ça ne me choque en rien. Je vais vous répondre avec une courtoisie républicaine. » Forcément, dans ces cas-là, la forme prend vite le dessus sur le fond.

Ne pas sous-estimer la repartie des Français

Parfois, répondre complètement à côté d’une question n’est pas la stratégie idoine. Un interlocuteur attentif et culotté peut vous le faire remarquer. « Je vous parle de fond, vous me répondez politique politicienne », s’indigne ici un syndicaliste de la CGT face à Nicolas Sarkozy. Interrogé sur son projet économique et social,le candidat à la primaire Les Républicains en profite pour critiquer François Hollande. Chose qui énerve au plus haut point l’auteur de la question.

Faire preuve d’empathie envers ses interlocuteurs

Comment répondre à la détresse d’une citoyenne qui décrit un quotidien rythmé par les privations, les frustrations, le manque de considération, dus à sa précarité ? Peut-être pas comme Jean-François Copé, qui n’a pas convaincu Isabelle, une chômeuse invitée sur le plateau de Des Paroles Et des Actes. Même s’il répond en commençant par un habile : « Ce que vous dites, je le comprends… », l’ancien président de l’UMP se fait vite reprendre par l’interlocutrice énervée. « Vous ne pouvez le pas comprendre ! Non ! Non ! Il faut le vivre ! » Résultat, le ton monte et plus personne ne s’écoute parler.