Hollande face aux Français: 3 clés pour comprendre l'émission

EMISSION Le président fera face à un panel de citoyens, jeudi soir en direct sur France 2…

R.S.

— 

François Hollande, le 28 mars sur le plateau de France 2.
François Hollande, le 28 mars sur le plateau de France 2. — CHESNOT/SIPA

« Dialogues citoyens ». Un nom d’émission tout neuf pour un concept déjà bien éculé : le face-à-face entre un président et les Français. Jeudi soir, François Hollande répondra aux questions d’un panel de quatre citoyens en direct sur France 2 depuis le Musée de l’homme de 20h15 à 21h45, où un plateau a été spécialement installé. Un rendez-vous soigneusement préparé par les toutes les parties concernées.

Quel panel de Français ?

Ils sont censés représenter la France, la vraie, celle qui sue tous les jours, se serre la ceinture et se hérisse dès que l’expression « Panama Papers » est prononcée. Pour l’occasion, ils seront donc 4 à défier le Président et d’après les informations de Challenges, leur profil fait d’eux des acteurs difficiles à manœuvrer. Autour de la table, il y aura donc un électeur FN du Nord, une patronne de PME, un étudiant participant au mouvement « Nuit debout » et une mère de djihadiste mort en Syrie. A l’origine, 6 invités étaient pourtant prévus. Mais comme l’a révélé Le Monde, deux d’entre eux ont été écartés : un agriculteur et Nadine Houmant, déléguée syndicale Force Ouvrière chez le volailler Doux. Comment expliquer ces désistements ? Le Monde évoque une demande de l’Elysée, effrayée par le profil des invités , connus pour leurs coups de gueule passés. Du côté de France Télévisions, Michel Field, le directeur de l’information du groupe, se défend d’avoir cédé à toute pression. Une quinzaine de citoyens auraient, selon lui, été présélectionnés. Mais seuls 4 seront sur le plateau jeudi. Les noms des candidats avaient préalablement été dévoilés à l’Elysée pour « des raisons de sécurité »

Quelle mise en scène ?

Cette émission spéciale sera conduite en trois temps par David Pujadas, Léa Salamé et Karim Rissouli. L’absence de Nathalie Saint-Cricq, la responsable politique de France 2 peut étonner. Selon le Canard Enchaîné, le patron de l’information de France Télévision lui aurait préféré Léa Salamé parce qu’elle est « virevoltante et sexy ». Le premier quart d’heure sera donc une interview du Président par les deux premiers journalistes cités. Au menu, des questions d’actualité et un bilan des quatre premières années du quinquennat. Puis, suivra une heure d’échange entre Hollande et les citoyens. Des questions d’internautes seront aussi relayées par Karim Rissouli, ancien journaliste du Grand Journal de Canal +, qui occupera ce rôle de passe-plats, avant de présenter un magazine politique à la rentrée prochaine. Enfin, le dernier quart d’heure de l’émission opposera de nouveau Hollande aux journalistes pour évoquer la dernière année de son mandat.

Quels objectifs pour le Président ?

Du côté de l’Elysée, on présente ce rendez-vous comme une « mise en perspective » de l’action de François Hollande. A 13 mois de l’élection présidentielle cette formulation nébuleuse peut se traduire différemment. Le Président a besoin de clarifier sa ligne politique entre l’irruption d’un courant libéral emmené par Emmanuel Macron et la défiance de l’électorat de gauche. Il a aussi besoin de requinquer sa cote, de plus en plus basse selon un sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche datant du week-end dernier. 8 Français sur 10 ne souhaitent pas qu’il se représente en 2017. Facteur aggravant : plus de la moitié (53 %) des sympathisants du PS est de cet avis. L’émission de jeudi ne devrait pas pour autant accoucher d’annonces majeures. Juste des éclaircissements sur la colère née des débats sur la déchéance de nationalité ou la loi Travail ou la crise des réfugiés.