Aux législatives de 2012, La DGSE a espionné le dissident UMP de Claude Guéant, Thierry Solère

ESPIONNAGE Selon le quotidien «Le Monde», les téléphones et l’adresse Internet de Thierry Solère ont été surveillés dès son exclusion de l’UMP…

20 Minutes avec AFP

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Thierry Solère en novembre 2015
Thierry Solère en novembre 2015 — THOMAS SAMSON / AFP

Thierry Solère, rival à droite du ministre de l’Intérieur Claude Guéant aux législatives 2012 dans les Hauts-de-Seine, a été surveillé par la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure), affirme Le Monde ce mardi.

Le quotidien « a pu établir que des moyens de la DGSE ont été utilisés, hors de tout contrôle, pour surveiller Thierry Solère, candidat dissident » et finalement élu député et chargé depuis par Les Républicains d’organiser la primaire à droite pour l’élection présidentielle de 2017.

Ses téléphones et son adresse Internet espionnés

Ce proche de Bruno Le Maire, vit une période difficile en 2012. A l’époque conseiller général des Hauts-de-Seine, il est été exclu de l’UMP au début de l’année alors qu’il avait annoncé son intention de présenter une candidature dissidente face à l’ex-ministre de l’Intérieur, soutenu par le parti. Il a été réintégré en février 2013 à l’UMP, devenue depuis Les Républicains.

« Ses téléphones et son adresse Internet ont en effet été espionnés dès son exclusion de l’UMP, le 20 mars 2012. La surveillance n’a été interrompue qu’après la découverte fortuite de son existence par la direction technique de la DGSE », poursuit le quotidien, selon lequel une « surveillance physique » a même été demandée à un lieutenant-colonel de la DGSE, avant d’être finalement abandonnée.

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Thierry Solère se dit consterné

D’après Thierry Solère, cité par Le Monde, le ministre de l’Intérieur et un de ses conseillers lui « ont fait comprendre que si je me retirais, je pourrais y trouver mon compte », lors d’une rencontre place Beauvau le 4 janvier. Une proposition jugée « hors de propos » par Thierry Solère.

Il affirme ensuite que « si cela se confirme, je suis non seulement très surpris mais consterné. C’est très grave. Je savais que le député sortant et maire de Boulogne-Billancourt (Pierre-Christophe Baguet, qui a soutenu Claude Guéant) était prêt à tout pour me faire perdre, mais c’était, pour moi, un combat politique. »

L’ancien ministre de l’Intérieur nie en bloc. « Cela ne me dit strictement rien, et c’est opposé à mes principes. Jamais je n’ai fait de demande en ce sens à qui que ce soit. J’étais ministre de l’Intérieur et à ce titre je n’avais aucune autorité sur la DGSE », qui dépend du ministère de la Défense, un portefeuille détenu par Gérard Longuet au moment des faits.

François Fillon, à l’époque Premier ministre, a dit ce mardi n’avoir « pas de réaction à une information que je découvre ».