VIDEO. Loi Travail: CDD, bourses... Les mesures proposées par Valls pour l'insertion des jeunes

POLITIQUE Le Premier ministre recevait ce lundi matin les organisations de jeunesse, en pointe dans la contestation à la future loi travail...

M.P. avec AFP
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Manuel Valls, lors d'une conférence de presse à Alger le 10 avril 2016...
Manuel Valls, lors d'une conférence de presse à Alger le 10 avril 2016... — AFP

Prolongation de quatre mois des bourses pour les jeunes diplômés, augmentation des places en BTS, quota réservé aux bacheliers techno en IUT, augmentation du coût des CDD pour privilégier l’embauche en CDI… Pour calmer la colère des jeunes contre la loi El Khomri, Matignon a annoncé ce lundi une batterie de mesures en faveur de l’insertion professionnelle des jeunes, le tout, pour un coût de 400 à 500 millions d’euros par an. L’Unef s’est dit « satisfaite » mais reste mobilisée contre la loi travail. 20 Minutes fait le point.

Prolongation de la bourse pour les jeunes diplômés

Cette aide touchera les jeunes d’origine modeste, après obtention de leur diplôme pour quatre mois maximum. Les titulaires d’un CAP, d’un baccalauréat professionnel, d’un BTS, d’un DUT, d’une licence, d’un master ou d’un diplôme d’ingénieur qui étaient boursiers pendant leurs études pourront demander la prolongation de leur bourse, après avoir décroché leur diplôme et en attendant de trouver un emploi -- mais pour quatre mois maximum. Cette nouvelle aide à la recherche d’un premier emploi (ARPE) démarrera dès la rentrée 2016 et sera donc versée de septembre à décembre (les bourses s’arrêtent pendant les vacances d’été). Matignon estime à 126 000 le nombre de bénéficiaires potentiels, pour un coût de 130 millions d’euros par an.

Revalorisation du montant des bourses

Les bourses accordées aux lycéens d’origine modeste seront revalorisées --pour la première fois depuis 1992--, de 10 %, à 697 euros par an en moyenne par jeune, là encore dès la rentrée 2016. Les étudiants actuellement boursiers en « échelon 0 » (gratuité des frais d’inscription dans les facs) passeront tous sur « l’échelon 0 bis », qui alloue 1 000 euros par an. Les « décrocheurs » de 16 à 18 ans qui reprennent leur scolarité recevront eux aussi 1 000 euros, une seule fois.

Taxation des CDD

Cette taxation plus lourde des contrats à durée déterminée, via les contributions patronales à l’assurance chômage, était jusqu’à présent optionnelle. Elle sera désormais obligatoire mais c’est aux partenaires sociaux de définir le barème et le champ d’application de cette « surcotisation », précise Matignon, qui estime cette mesure « cohérente » avec l’assouplissement des conditions pour mettre fin à un CDI prévues par la loi travail.

Augmentation des places en BTS et quota dans les IUT

Matignon, en accord avec le ministère de l’Education nationale, prévoit d’augmenter de 2 000 le nombre de places par an en STS (dont le diplôme est un BTS), pendant cinq ans, notamment dans les spécialités « en lien avec les métiers d’avenir ». Cette mesure est destinée plus particulièrement aux bacheliers professionnels qui souhaitent poursuivre des études et pour lesquels la voie STS est la plus appropriée. Malgré des quotas appliqués dans plusieurs académies, les bacheliers pro passent encore très souvent après les titulaires de bacs généraux ou technologiques. Des quotas réservés aux bacheliers des filières technologiques seront en outre fixés dans les IUT (dont le diplôme est un DUT).

Augmentation de la rémunération des apprentis

Les apprentis étaient particulièrement visés par la loi El Khomri, avec une hausse de leur temps de travail, avant que la disposition ne soit retirée. Là, le gouvernement veut finalement les choyer. Est en effet prévue une amélioration de la rémunération et des droits des apprentis, dans le cadre d’une concertation avec les partenaires sociaux. Sans attendre, l’Etat prendra à sa charge une augmentation des minima salariaux légaux des jeunes de 16 à 20 ans au 1er janvier 2017. Le coût supplémentaire pour les employeurs sera « entièrement compensé par l’Etat », qui consacre à cette mesure une enveloppe de 80 millions d’euros.

Droit universel à la garantie locative

Le gouvernement veut instaurer un dispositif unique de droit universel à la garantie locative pour tous les jeunes de moins de 30 ans. Une mesure estimée à 100 millions d’euros par an.