Loi Travail: Les jeunes attendent des mesures «concrètes», oui mais lesquelles?

NEGOCIATION Accès aux droits sociaux, à la formation professionnelle et à l'emploi stable seront au centre des discussions...

20 Minutes avec AFP
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Samia Moktar (UNL), Philippe Martinez (CGT) et (UNEF) President William Martinet (Unef) pendant la manifestation contre la loi Travail le 5 avril 2016
Samia Moktar (UNL), Philippe Martinez (CGT) et (UNEF) President William Martinet (Unef) pendant la manifestation contre la loi Travail le 5 avril 2016 — Lewis Joly/SIPA

Après les manifestations, place aux discussions. Braquées contre la loi Travail de Myriam El Khomri, les organisations d’étudiants et de lycéens dont l’Unef (étudiants), l’UNL et la FIDL (lycéens), sont reçues en lundi en fin de matinée par Manuel Valls. Les jeunes attendent des mesures « concrètes » pour favoriser leur insertion dans le monde du travail. Voici lesquelles.

  • L’accès aux droits sociaux.

Le RSA (revenu de solidarité active) n’étant pas accessible aux moins de 25 ans, le premier syndicat étudiant plaide pour que les bourses étudiantes continuent à être versées entre la fin du diplôme et l’accès à la vie professionnelle. Et ce, dès la rentrée 2016. « Une vraie réponse à un vrai problème », a reconnu la ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, mercredi. Une fourchette de quatre à six mois est évoquée. Enfin, l’idée d’élargir le nombre de bénéficiaires du volet complémentaire de la couverture maladie universelle (CMU-C) sera demandée.

  • L’accès à la formation professionnelle

L’organisation veut également une augmentation du nombre de places de formation professionnelle et l’amélioration des conditions de vie et de travail des apprentis. Selon Les Echos, le nombre de places en BTS et IUT, dont l’Unef demande le relèvement, est aussi à l’ordre du jour. L’Unef exige aussi la suppression des bornes d’âge déterminant la rémunération des apprentis. Celle-ci est plus élevée au-delà de 18 ans, puis de 21 ans. Les apprentis mineurs pourraient ainsi ne plus « pâtir » d’une décote, profitant avant tout aux employeurs.

  • L’accès à l’emploi stable

Pour le président de l’Unef William Martinet, l’enjeu du mouvement actuel dépasse largement le cadre de la loi El Khomri. «Les jeunes qui se mobilisent le font contre cette loi travail, mais c’est une mobilisation plus large contre la précarité du marché du travail. C’est pourquoi nous attendons des mesures fortes sur l’emploi stable », a précisé le président de l’Unef. Mais il ne se fait guère d’illusion sur sa demande de retrait de la loi et prévient : « Si le gouvernement ne bouge pas sur la loi travail, on restera solidaires de la mobilisation des salariés », avec en ligne de mire le 28 avril, prochaine journée de manifestations.