«En marche»: Une galaxie Macron est en train de naître

POLITIQUE Le ministre essaye de rassembler aussi largement que possible autour de son nouveau mouvement…

Audrey Chauvet

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Emmanuel Macron le 24 mars 2016 à l'Elysée
Emmanuel Macron le 24 mars 2016 à l'Elysée — CHAMUSSY/SIPA

« En France, on est obsédé par le flacon, au lieu de s’intéresser au contenu » : dans l’interview-fleuve qu’il avait accordée à L’Express début mars, Emmanuel Macron bottait en touche lorsqu’on lui demandait s’il serait candidat à la présidentielle. Depuis ce mercredi, le flacon est prêt : le ministre de l’Economie a lancé « En marche », un mouvement « ni à droite ni à gauche » qui veut fédérer tous les Français libéraux et progressistes. Quant au contenu, il devrait se préciser avec les ralliements de déçus du hollandisme, de grands patrons et d’intellectuels qui gravitent autour du jeune premier de la politique.

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Les proches en politique

Hormis les députés socialistes Pascal Terrasse et Richard Ferrand, Emmanuel Macron compte peu de « proches » en politique. « Il n’est pas dans la démarche à l’ancienne qui consiste à recruter six sénateurs, cinq députés. C’est un peu dépassé », commente Richard Ferrand. Macron ne veut pas un « club », il veut rassembler plus largement.

Les socialistes déçus

Emmanuel Macron ne compte pas ses heures pour séduire les parlementaires. Dans son collimateur : les déçus, ceux qui doutent, ceux qui ne savent plus où se mettre. Parmi eux, les ex-ministres Kader Arif et François Rebsamen, en froid avec Manuel Valls, la sénatrice Nicole Bricq qui avait fait un passage éclair au ministère de l’Ecologie en début de quinquennat, le député Arnaud Leroy proche d’Arnaud Montebourg… « Emmanuel est l’atout de ce que la présidence Hollande aurait dû être ou peut encore être », estime Frédéric Cuvillier, ancien ministre des Transports et ancien proche de François Hollande.

Les grands patrons

Emmanuel Macron a gardé de sa vie de banquier d’affaires quelques contacts très haut placés. Il aurait ainsi de très cordiales relations avec Pierre Pringuet, vice-Président du conseil d’administration de Pernod Ricard et président de l’Association française des entreprises privées (Afep), mais également avec Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président du Medef, Peter Brabeck, président du conseil d’administration de Nestlé, et Raymond Soubie, un des principaux conseillers de Nicolas Sarkozy durant son mandat présidentiel.

Des intellectuels en orbite

Emmanuel Macron a conservé de ses études de philosophie un goût pour les idées et les débats. Comme le révélait L’Express, il a convié de nombreux intellectuels à échanger avec lui : le sociologue Gérald Bronner, spécialiste des croyances collectives, le politologue Laurent Bouvet, le spécialiste de l’islam Gilles Kepel… Il a aussi convié l’écrivain Michel Houellebecq et le comédien Fabrice Luchini, qui a probablement trouvé la meilleure formule pour décrire Emmanuel Macron : « un personnage stendhalien ».