Candidat ou pas? Nicolas Hulot se fait désirer pour 2017

POLITIQUE Soutenu par son ancienne rivale Eva Joly, poussé par Daniel Cohn-Bendit, l’écologiste le plus médiatique de France sera-t-il candidat ?….

Audrey Chauvet

— 

Nicolas Hulot, le 6 octobre 2015, à Paris.
Nicolas Hulot, le 6 octobre 2015, à Paris. — A.Chauvet / 20 Minutes

Tu veux ou tu veux pas ? Interrogé la semaine dernière sur Europe1 au sujet d’une candidature à l’élection présidentielle, Nicolas Hulot a failli jouer au « ni oui ni non » : « Aujourd’hui, la réponse est non. Ce n’est pas la question du moment. » L’écologiste le plus apprécié des Français dit préférer « créer du fond » plutôt que d’annoncer une candidature sans propositions solides. Néanmoins, il occupe le terrain médiatique avec des interviews, des visites aux réfugiés de Grande Synthe et surtout les déclarations de ses alliés de toujours, comme Daniel Cohn-Bendit, ou de nouveaux ralliés, comme son ancienne concurrente à la primaire écologiste Eva Joly.

De « candidat des multinationales » à « excellent candidat »

« Lui seul aura la capacité de rassembler des écologistes, en partie des socialistes et même des centristes » : Daniel Cohn-Bendit, revenu d’une idée de primaire à gauche qu’il avait pourtant défendue ardemment il y a quelques semaines, aimerait bien que Nicolas Hulot se décide. « Il peut représenter une candidature non partidaire. Je suis favorable à sa candidature mais c’est à lui de décider », a déclaré ce mardi Daniel Cohn-Bendit dans un entretien au Monde.

La veille, Eva Joly, qui avait emporté la primaire écologiste en 2012, déclarait son soutien à celui qui avait très mal digéré son rejet par les militants verts, qui voyaient en lui un « écolo en hélico » vendu à TF1 et au grand capital. Pour celle qui avait plafonné à 2,3 % des suffrages, Nicolas Hulot ferait « un excellent candidat », a-t-elle déclaré sur France Info. Une déclaration étonnante quand on se souvient qu’en 2011 elle avait qualifié Hulot de « candidat des multinationales ».

Duflot en embuscade

Aujourd’hui, beaucoup reconnaissent sa popularité, boostée par le succès de la COP21 et son refus d’un ministère postiche en fin de quinquennat. Hulot refuse de laisser l’écologie aux mains d’un parti et ne souhaite pas s’encarter : cela pourrait faire sa force pour rassembler des électeurs de gauche perdus, des centristes à tendance verte et même des écologistes désolidarisés d’un parti en lambeaux. Chez les militants Verts, la perspective d’une présidentielle ratée d’avance pourrait freiner les ardeurs des plus radicaux et les pousser vers un vote Hulot qui inclurait EELV sans s’y limiter.

Refusant de se présenter comme « homme providentiel », Nicolas Hulot se pose néanmoins comme acteur de la « mise en marche » de la société. « Il faut que des propositions sortent, que des mouvements apparaissent. Nicolas Hulot participera à cette dynamique mais son implication ne se traduira pas forcément par une candidature à la présidentielle », précise Pascal Durand, ancien secrétaire national des écologistes et proche de Hulot. Une prudence qui tranche avec l’enthousiasme des cadres verts. David Cormand, le nouveau secrétaire national d’EELV, estime que les candidatures Hulot et Duflot « sont solides pour l’écologie ».

Cécile Duflot elle-même, déjà engagée depuis plusieurs mois dans la préparation d’une candidature à la présidentielle, a fait l’éloge de Nicolas Hulot, déclarant : « S’il est candidat, je n’aurais aucune difficulté, comme il y a cinq ans, à le soutenir ». Le suspense devrait prendre fin à l’automne. D’ici là, Nicolas Hulot a déjà réalisé le miracle de détrôner Michel Drucker dans le classement des personnalités préférées des plus de 55 ans. Rien ne peut plus lui faire peur.