Attentats à Bruxelles: Manuel Valls penche pour une «perpétuité effective» pour les terroristes

JUSTICE Le Premier ministre a abordé la possibilité de mettre en place un emprisonnement à vie sans remise de peine pour certains terroristes…

20 Minutes avec AFP
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Manuel Valls le 21 mars 2016.
Manuel Valls le 21 mars 2016. — Lewis Joly/SIPA

Après les terribles attaques à Bruxelles, un nouveau débat a fait son apparition sur la scène politique française. Le Premier ministre Manuel Valls s’est montré ouvert à l’aggravation des peines pour les auteurs d’attentats terroristes, voire à étudier l’idée d’une « perpétuité effective ».

C’est lors d’une interview matinale ce lundi, trois jours après l’arrestation à Bruxelles de Salah Abdeslam, seul survivant du commando des attentats du 13 novembre, que Nathalie Kosciusko-Morizet (Les Républicains) a introduit cette idée dans le débat : travailler à une « perpétuité effective » pour les auteurs d’attentats terroristes.

Manuel Valls souhaite « des condamnations plus lourdes »

Rebelote ce mardi à l’Assemblée nationale. Interpellé par la députée de l’Essonne, Manuel Valls a répondu qu’il n’avait « aucun problème à examiner » cette piste. Un signe d’ouverture confirmé ce mercredi matin sur Europe 1, le Premier ministre estimant qu’il fallait « sans doute que les condamnations » pour terrorisme « soient encore plus lourdes ».

La perpétuité existe en France. En l’état du droit, devant une Cour d’assises spéciale, un homme reconnu coupable d’un crime terroriste encourt la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans, à l’issue de laquelle il pourra demander réductions de peine ou libération anticipée, sans garantie d’obtenir satisfaction.

Une « peine de mort lente » pour le socialiste Bruno Le Roux

« La perpétuité réelle mérite débat et mérite examen », a de son côté estimé Bruno Le Maire, candidat comme NKM à la primaire de la droite en vue de 2017.

Désaccord, en revanche, du chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux qui voit dans cette hypothèse une « peine de mort lente ». « Il faut également des peines très claires en termes de citoyenneté, a-t-il ajouté, et la déchéance (de nationalité) en est une. »

Cette proposition intervient en effet au moment où le Sénat, à majorité de droite, vient de modifier la révision constitutionnelle voulue par François Hollande après les attentats de novembre et adoptée par l’Assemblée, hypothéquant ainsi les chances de réunir le Congrès.