Primaire de la droite: NKM, une candidate isolée

POLITIQUE La députée de l’Essonne a annoncé sa candidature à la primaire de la droite et du centre....

T.L.G.

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NKM sur les bancs de l'Assemblée, en février 2016.
NKM sur les bancs de l'Assemblée, en février 2016. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Elle se rêve première femme présidente de la République. Nathalie Kosciusko-Morizet s’est lancée dans la primaire de la droite et du centre. « Je suis candidate à la primaire […] car nous avons changé de monde, il faut changer enfin la politique. Je suis candidate pour donner à chacun les moyens, la maîtrise de sa vie », a assuré la députée de l’Essonne sur le plateau de TF1. « Dans cette campagne j’ai envie de parler à la France, aux Français. Je ne crois plus à cette conception verticale, descendante, condescendante du pouvoir ».

Avec sa candidature, NKM entend dépasser le clivage gauche-droite. A l’image de l'« ubérisation » de l’économie, les politiques devraient également s’adapter. C’est cette vision que la candidate étaye dans son livre, Nous avons changé de monde (en librairie mercredi).

« Une fourmi avec des dents »

« Le bon timing pour se lancer, c’est le printemps », confiait-elle en décembre dernier. Mais depuis, le calendrier s’est accéléré ; les candidats se bousculent sur la ligne de départ. Celle qui se définit comme « une fourmi, mais une fourmi avec des dents » fait figure d’électron libre au sein de sa famille, n’hésitant pas à prendre des positions iconoclastes ou à tenir tête à Nicolas Sarkozy.

Quelques semaines après la défaite du président sortant en 2012, l’écologiste de droite avait dénoncé la ligne Buisson défendue par le candidat. « On l’aime ou on ne l’aime pas. Mais avec NKM, on sait pour qui on signe. Elle arrive avec de la constance, ce qui manque dans le paysage politique », assurent ses proches.

Avec son parler cru, l’écolo de droite exaspère parfois les cadres du parti. Agacé par ses frasques, Jacques Chirac l’avait qualifiée d'« emmerdeuse ». Un titre revendiqué. « Je dédie ce prix à toutes les femmes qu’on a un jour traitées d’emmerdeuses », ironisait-elle en 2011, au moment de recevoir le prix de « ministre de l’année ». Sa critique du « ni FN, ni PS » lors des régionales lui a déjà coûté son poste de numéro deux du parti.

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Un isolement handicapant

Une liberté de ton qui l’isole au sein de sa famille politique. « Sa ligne politique est minoritaire, ses réseaux sont inexistants et ses perpétuels coups d’éclat médiatiques ont fini par user nombre d’entre nous », soupire un député dans Le Parisien. Cet isolement pourrait lui coûter cher dans la course aux parrainages (2.500 adhérents LR, 250 élus dont 20 parlementaires). Peu de gens, à droite, croient à sa candidature. « Un moyen de la disqualifier », répond son entourage. « Quand elle s’est engagée contre la déchéance de nationalité en janvier, ils n’étaient que 4 à la suivre. Au final, elle a entraîné 74 parlementaires. »

Fin 2012, NKM n’avait pas réussi à récolter assez de parrainages d’adhérents pour briguer la présidence de l’UMP. Cette fois, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy pourrait obtenir l’aide de son meilleur ennemi. Et si le patron des Républicains demandait à des élus de la soutenir, afin de grappiller quelques voix à son principal adversaire Alain Juppé ?