Primaire à droite: En campagne, Bruno Le Maire assure le show à Aubervilliers

MEETING Candidat à la primaire à droite, Bruno La Maire a tenu un meeting de campagne aux Docks de Paris à Aubervilliers ce samedi après-midi, aux allures de show…

Anne-Laëtitia Béraud

— 

Bruno Le Maire lors de son premier meeting parisien de campagne pour la primaire, à Aubervilliers, le samedi 5 mars.
Bruno Le Maire lors de son premier meeting parisien de campagne pour la primaire, à Aubervilliers, le samedi 5 mars. — MATTHIEU ALEXANDRE / AFP

« Et c’est parti pour le show ! ». Bruno Le Maire a tenu son premier meeting parisien depuis son annonce de candidature à la primaire à droite, le 23 février à Vesoul. Direction les Docks de Paris à Aubervilliers pour une après-midi politique au tempo de Rn’B. Car pour se démarquer de ses sept concurrents à cette primaire - sans compter Nicolas Sarkozy, le député de l’Eure doit balancer du gros, du lourd enrobé de punchlines que l’on retient facilement. Un peu comme le tube de Nadiya en 2004 « Et c’est parti ».

>> A lire aussi : Bruno Le Maire est-il vraiment le candidat du «renouveau»?

Le décor. La mise en scène aux Docks est millimétrée, comme dans un clip vidéo. Sono, projecteurs, vapeur, l’atmosphère se veut bien loin de la grisaille qui sévit à l’extérieur. Deux grands écrans vidéo permettent aux 2.500 personnes, selon les organisateurs, de suivre la réunion publique doublée en langage des signes. Marque de fabrique de cette campagne, les jeunes, qui assurent la claque, arborent des tee-shirts très colorés siglés de slogans célébrant leur champion, tel que « La primaire c’est Le Maire ».

 

Le flow. Bruno Le Maire arrive depuis le haut de la salle, en chemise blanche déboutonnée. Il prend son temps, serre des mains et se place au milieu des gradins pour saluer ses soutiens. Micro en main, sans texte, le politique maîtrise sa partition, grâce à l’homme de théâtre Alain Sachs. Le metteur en scène, qui le rencontre au moins une fois par semaine depuis septembre, l’aide en effet « à révéler ses émotions et ses rêves », rapporte Paris-Match. A briser l’image du Parisien issu du 16e arrondissement, normalien, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin puis ministre de Nicolas Sarkozy.

>> A lire aussi: «C’est président de la République, et pas autre chose», l'interview de Franck Riester

Complets, refrain et chœurs rôdés

Les paroles. En moins de deux minutes, Bruno Le Maire entonne son refrain préféré, celui d’incarner le « renouveau » à droite. Basé sur les couplets de son livre Ne vous résignez pas ! (Albin Michel) Bruno Le Maire ressasse ses punchlines préférés : Oui, il se voit à l’Elysée en 2017. Et sa motivation est nourrie des rencontres sur le terrain avec les Français. « C’est vous qui m’avez tout appris au cours de tous ces déplacements (…) Ce sont les Françaises et les Français qui redresseront la France bien plus que les dirigeants politiques », avance-t-il. « Nous allons réinventer la France, et nous allons commencer par réinventer la politique », promet-il encore. Il célèbre la liberté, « celle des entrepreneurs, des créateurs de richesses », « celle des jeunes à qui on ne fait pas assez confiance », « celle des femmes » pour obtenir salaire égal aux hommes ou « être visible dans la société française ».

>> A voir aussi: En infographie, l'équipe de football de la primaire de la droite et du centre

Le tempo. Entre les refrains, Bruno Le Maire fait chanter les chœurs, avec des questions de militants dans la salle. « Qu’est-ce qui vous différencie des autres », débute une jeune femme. « J’ai envie, j’ai très envie ! », lance-t-il. Et s’il n’est pas en tenue de boxeur comme Nadiya, le politique n’hésite pas à donner des coups. Contre la présidente du Front national Marine Le Pen et « ceux qui tempêtent contre l’Europe » au Salon de l’Agriculture. Contre le président de la République aussi : « Quand François Hollande n’a pas de projet pour l’Europe, comment pourrait-il avoir un projet de la France ? », lance-t-il sous les applaudissements. Enfin, contre son parti, quand il célèbre les énergies renouvelables plutôt que le nucléaire, quand il partage sa foi en l’Europe qui doit devenir « une vraie puissance politique ».

Objectif disque d’or. Alors qu’il avait récolté près de 30 % à l’élection pour la présidence de l’UMP en novembre 2014 face à Nicolas Sarkozy, cette fois-ci, Bruno Le Maire veut plus. Le candidat veut faire mentir les sondages qui placent les « gros » candidats Alain Juppé et Nicolas Sarkozy devant lui. Selon le dernier baromètre TNS Sofres One Point pour Le Figaro Magazine, il fait aujourd’hui jeu égal avec Christiane Taubira, l’ancienne ministre socialiste de la Justice, ou Marion Maréchal-Le Pen, députée FN. En haut de ce chart, figure toujours Alain Juppé, en baisse.