Le président François Hollande affirme être «féministe»

SEXISME Dans une interview au magazine féminin Elle, le chef de l'Etat parle de sa vie privée, de féminisme mais aussi de harcèlement...

H. B. avec AFP

— 

Le président François Hollande lors du JT de 20 heures en direct du palais de l'Elysée, le 11 février 2016.
Le président François Hollande lors du JT de 20 heures en direct du palais de l'Elysée, le 11 février 2016. — S. DE SAKUTIN / POOL / AFP

Une fois n’est pas coutume, le président François Hollande a décidé de se confier au magazine féminin Elle à paraître ce vendredi. A moins d’une semaine de la Journée de la femme, le chef de l’Etat s’exprime notamment sur les droits des femmes.

Pour le président, les harcèlements verbaux ou physiques que subissent les femmes représentent « un phénomène de masse qui doit être regardé en face car il atteint les principes mêmes de la vie en commun ».

« Aucun geste » de harcèlement « ne doit rester sans réponse »

«Aucune femme ne doit rester seule face au harcèlement, d'où qu'il vienne au bureau, dans la rue ou dans un train. Aucun geste ne doit rester sans réponse », ajoute François Hollande avant d’annoncer que de « nouvelles initiatives » allaient être prises par la ministre Laurence Rossignol.

Le harcèlement est « une atteinte à la liberté » de mouvement et d’expression, dit-il, « une violation sournoise des droits les plus fondamentaux des femmes ». Le président affirme être « donc féministe et toujours socialiste ».

Sa relation avec Ségolène Royal

Le chef de l’Etat a même abordé sa relation avec son ex-compagne, Ségolène Royal. « Avant de parler de moi comme père, je rappelle que c’est Ségolène Royal qui est la mère de nos enfants. J’ai essayé d’être présent, je faisais la cuisine, je racontais des histoires aux enfants le soir, mais si vous interrogiez Ségolène Royal, elle vous dirait que je n’en ai sans doute pas fait assez ».

Il a d’ailleurs annoncé son intention de changer l'intitulé «ministère de la Famille» en faveur de ««ministère des Familles », afin de les reconnaître toutes, les recomposées, les monoparentales, de même sexe. Ce qui est réactionnaire, c’est de considérer qu’un seul et unique modèle familial », ajoute-t-il.

Angela Merkel, « grande figure féminine »

Interrogé sur les « grandes figures féminines », François Hollande, qui a reçu les journalistes de Elle à l’Elysée, a cité la chancelière allemande Angela Merkel qui « a dû lutter pour s’imposer dans le paysage politique allemand » et « n’a pas été épargnée. Elle ne l’est pas davantage aujourd’hui ».

« Elle sera sans doute surprise par ma déclaration », affirme-t-il avec humour, « chacun sait que, si nous partageons beaucoup d’engagements pour l’Europe, nous ne sommes pas de la même sensibilité politique ».