Marylise Lebranchu fustige le gouvernement de Manuel Valls

COUP DE GUEULE L'ancienne ministre de la Fonction publique a retrouvé sa liberté de parole et le fait savoir...

C. A. avec AFP

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Marylise Lebranchu le 27 janvier 2016.
Marylise Lebranchu le 27 janvier 2016. — CHAMUSSY/SIPA

« Quand on est ministre, la parole est totalement contrainte. […] Je vais donc retrouver ma liberté de parole ». Le ton est donné.

Congédiée lors du dernier remaniement, l’ancienne ministre Marylise Lebranchu sort du silence et charge l’exécutif dans un entretien à Médiapart, quelques jours seulement après Martine Aubry dans les colonnes du Monde.

« Trop c’est trop »

L’ancienne ministre de la Fonction publique estime que le président François Hollande « a changé par rapport à la ligne dite du "Bourget" » et constate des « points à revoir » dans la réforme du code du travail.

Elle regrette que l’avant-projet de loi El Khomri « aille trop loin, trop c’est trop ». « En plus, le débat a été tué quand la ministre (du Travail) a parlé de 49-3 avant même que le texte soit présenté en conseil des ministres », a-t-elle relevé, évoquant « une erreur grave ».

Déséquilibre

Plus généralement, celle qui est redevenue députée observe qu’à l’arrivée de Manuel Valls à Matignon en avril 2014, « l’équilibre devait se faire entre Manuel (Valls) et François Hollande, et le discours du Bourget ». « Aujourd’hui, il ne se fait plus », regrette-t-elle, évoquant un manque de « ligne politique claire ».

Elle assure également s’être posée la question de quitter le gouvernement lorsque Christiane Taubira est partie fin janvier. « Mais je me disais qu’en tant que responsable politique, je ne pouvais ajouter un petit élément à un petit élément de crise », explique-t-elle, ajoutant que si elle avait été députée elle aurait voté contre la déchéance de nationalité.