Levallois-Perret: Patrick Balkany condamné pour diffamation

JUSTICE Le député-maire de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) s’en était pris à Arnaud de Courson, opposant de longue date, lors d’un conseil municipal…

20 Minutes avec AFP

— 

Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois, le 9 février 2015 à Levallois.
Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois, le 9 février 2015 à Levallois. — ISA HARSIN/SIPA

Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné ce mardi Patrick Balkany à 3.000 euros d’amende avec sursis pour avoir diffamé son principal opposant, Arnaud de Courson (DVD), lors d’un conseil municipal de Levallois-Perret.

Le député-maire (Les Républicains) de la ville des Hauts-de-Seine a également été condamné à payer 1.000 euros de dommages et intérêts à Arnaud de Courson, tandis que celui-ci en avait réclamé 15.000 à l’audience, début février.

>> A lire aussi : Une affaire Bygmalion chez les Balkany?

Le 13 avril 2015, les débats du conseil municipal portaient sur des ventes de terrains quand Patrick Balkany avait rappelé à Arnaud de Courson, opposant de longue date, son achat d’un vaste appartement à Levallois en 1999 - Arnaud De Courson était alors adjoint au maire de l’époque, Olivier de Chazeaux.

« Vous me direz qu’il y a prescription, avait attaqué Patrick Balkany, mais chacun sait que vous avez bénéficié de la construction d’un immeuble où vous avez récupéré à vil prix un appartement. Donc, vous auriez pu à l’époque vous retrouver en correctionnelle pour avoir bénéficié d’un avantage conséquent alors que vous étiez adjoint au maire. »

Ces propos ont valu à l’édile d’être déclaré coupable de diffamation.

«Quelqu’un d’honnête»

« J’ai l’image de quelqu’un d’honnête, c’est quelque chose de fondamental », avait plaidé Arnaud de Courson à la barre, disant avoir bâti son engagement politique sur « le respect des deniers publics et la lutte contre la corruption ».

Son avocat, Me Benoît Chabert, avait rappelé que l’appartement avait été acheté à un prix supérieur au « prix moyen » de l’époque et souligné le contexte dans lequel ces propos avaient été tenus : « Un cadre un peu compliqué pour Patrick Balkany, on parle de mise en examen, de perquisitions, de saisie fiscale : les caméras sont là et l’homme s’emporte ».

Patrick Balkany absent

En face, Patrick Balkany était absent - retenu à l’Assemblée, selon son avocat, Me Grégoire Lafarge. Celui-ci avait défendu des propos tenus dans le cadre d’un conseil « relativement expressif à chaque séance - l’opposition y est tonique, vigoureuse ». Il n’est pas seulement question pour Arnaud de Courson « de rétablir un honneur qui serait bafoué », avait-il dit, mais de « fragiliser celui dont lui et son équipe rêvent de prendre la place ».

« Je constate avec intérêt que le tribunal n’a fait droit à aucune des demandes politiques d’Arnaud de Courson » - notamment l’affichage de la décision sur les panneaux municipaux et sa lecture en conseil municipal, a réagi Me Grégoire Lafarge. « Le tribunal a refusé toute instrumentalisation ».

« Patrick Balkany n’a pas le droit de tout dire, d’inventer des choses qui n’ont pas lieu d’être », s’est réjoui Arnaud de Courson.