Salon de l’Agriculture: Marine Le Pen en balade chez les agriculteurs

POLITIQUE La présidente du Front national Marine Le Pen s’est longuement rendu au salon de l’Agriculture à Paris ce mardi, à la rencontre des éleveurs et des agriculteurs…

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen, présidente du Front national, au salon de l'agriculture le 1er mars 2016 à Paris.
Marine Le Pen, présidente du Front national, au salon de l'agriculture le 1er mars 2016 à Paris. — CHAMUSSY/SIPA

Au tour de Marine Le Pen de visiter le salon de l’Agriculture à Paris (SIA), où le Tout-Paris politique se presse chaque année. La présidente du Front national, en campagne pour la présidentielle, a effectué ce mardi un marathon : durant une dizaine d’heures, accompagnée de sa nièce Marion Maréchal-Le Pen et du vice-président du parti Florian Philippot, elle a fait le tour des éleveurs et des représentants des filières agricoles. Et comme chaque année, une armada de gardes du corps, de micros et de curieux a entouré la politique dans un tohu-bohu loin de la défiance qu’ont essuyée le président de la République et le Premier ministre ces derniers jours.

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Le mot du jour ? Haro sur l’Union européenne et le commissaire européen Phil Hogan, dont elle veut « la peau ». Quitte à répéter son discours, sans toujours écouter ce que ses interlocuteurs ont à lui dire. « Marine Le Pen est passée, et nous a dit qu’elle comprenait notre désarroi et que nous sommes des gens travailleurs », relève l’éleveur de charolaises Claude Cadoux, installé au nord du Morvan. « Je lui ai parlé des marges que se font les abatteurs et la grande distribution, et que l’on ne s’en sort pas avec un kilo de carcasse vendu à 3,50 euros. Bon, elle, elle parlait plutôt de l’Union européenne et des problèmes posés par Bruxelles… ». L’homme, qui a trente salons de l’agriculture derrière lui, semble mitigé sur le passage des politiques. « Le salon, c’est une vitrine pour eux et pour nous. On a mis des pancartes "Je suis éleveur, je meurs" et j’espère que ça peut faire changer les choses, car aujourd’hui tout le monde s’éteint d’une mort lente. »

« Marine Le Pen, Minnie de la parade à Disneyland »

Après les charcutailles de l’interprofession nationale porcine (Inaporc), place à un déjeuner avec les professionnels de la viande et du bétail (Interbev). Marine Le Pen s’est ensuite rendu aux stands de l’outre-mer, au pavillon 7, rencontrer des producteurs de melons de la Guadeloupe. A quelques mètres de là, Martin Mandil, patron du stand Marie-Galante, n’était pas contre une petite visite de l’eurodéputée. L’homme, ancien syndiqué Force ouvrière et votant « comme toute la famille » FN depuis des décennies, est déçu. « Elle ne viendra pas. Ça ne l’intéresse pas et ce n’est pas au programme de l’organisation. C’est dommage parce qu’elle pourrait voir qu’en Guadeloupe, il y en a qui l’aiment bien », ajoute-t-il.

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La raison de cette absence ? Au stand de la vanille de la Réunion, on en a une petite idée : « La Réunion, c’est 400.000 électeurs. On est trop peu d’électeurs pour que cela intéresse les politiques en campagne de venir nous voir, à part la ministre de l’Outre-mer ». Pas de Marine Le Pen au stand du syndicat CFE-CGC agro, à la puissante Mutuelle des exploitants agricoles (MSA) ou même à la buvette du pavillon, où le chroniqueur télé Steevy Boulay, lui, est passé et était « pompette » après avoir apprécié les breuvages du jour, sourit-on.

Au stand du Vaucluse, Julien Aubert, député Les Républicains de ce département, prend la pose à côté des saucissons. A l’évocation de la foule accompagnant Marine Le Pen, l’élu fait la grimace. « Le Pen au salon de l’Agriculture ? On se croirait à la parade à Disneyland, avec Marine Le Pen dans le rôle de Minnie. Elle passe, salue de la main, mais il n’a aucune possibilité pour qu’il y a un échange et que les gens lui parlent normalement. Cela fausse le lien », note le député. « Ce n’est pas un scoop mais moi, je ne suis pas en campagne pour la présidentielle. Je prends le temps de rencontrer les gens, de faire remonter les problèmes et de chercher des solutions, comme pour l’élevage porcin dans le Vaucluse. » Le jeune élu retournera mercredi au salon, « écouter et parler ». Et ce jour-là, les stars du jour seront Nicolas Sarkozy et François Fillon, chacun de leur côté.