Quand Manuel Valls recadre Martine Aubry, ça fait mal (très mal)

POLITIQUE Cette tribune dans le «Monde» «oblige tout le monde à clarifier et à assumer», juge le Premier ministre...

20 Minutes avec AFP
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Manuel Valls à Ouagadougou, le 20 février 2016.
Manuel Valls à Ouagadougou, le 20 février 2016. — THEO RENAUT/SIPA

Manuel Valls a âprement répondu jeudi à la charge de Martine Aubry contre son action, critiquant une «tribune de proclamation» dans laquelle «il n'y a pas un début de proposition», selon des propos du Premier ministre cités dans Le Monde.

«Il n'y a pas un début de proposition. Je suis chef du gouvernement, je n'écris pas des tribunes de proclamation», déclare Manuel Valls qui voit dans cette tribune, co-signée notamment par Martine Aubry et Daniel Cohn-Bendit, «une remise en cause générale, globale» de l'action menée depuis son arrivée à Matignon.

Martine Aubry, Daniel Cohn-Bendit et plusieurs personnalités de gauche ont sévèrement attaqué l'exécutif dans une tribune publiée mercredi dans le même quotidien, intitulée «sortir de l'impasse». Ils reprochent à l'exécutif les «41 milliards d'euros mobilisés pour rien» au bénéfice des entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité, le «désolant débat sur la déchéance de nationalité» et le projet de loi sur le travail de Myriam El Khomri. A Manuel Valls, les signataires reprochent également  «la meurtrissure de l'indécent discours de Munich».

«Je ne suis pas un pousse-au-crime»

«C'est une remise en cause générale, globale», a réagi Manuel Valls jeudi. Pour le chef du gouvernement, «cette tribune a un avantage: cela oblige tout le monde à clarifier et à assumer. Il faut que tout le monde assume». S'agissant du projet de loi El Khomri, qui suscite de fortes oppositions à gauche et au sein des syndicats, Manuel Valls a déclaré: «Je ne suis pas un pousse-au-crime. Le président a décidé de ces arbitrages. Revenir en arrière serait non seulement dommageable pour le président et pour moi, mais aussi pour le pays».

Interrogé jeudi soir sur iTELE, François Lamy a récusé les accusations du Premier ministre, en citant notamment parmi les propositions des auteurs de la tribune la déchéance de citoyenneté plutôt que de nationalité.

En ce qui concerne les questions économiques et sociales et le droit du travail, il a conseillé au Premier ministre de «relire le texte de la motion du congrès de Poitiers qu'il a signé avec (les aubrystes) et qui demandait de réorienter les 13 milliards restant du Pacte de responsabilité vers les entreprises innovantes, vers (celles) soumises à la concurrence internationale, vers l'investissement des collectivités locales, bref vers le soutien à la croissance et à la création d'emplois».