Le Premier Ministre, Manuel Valls , le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, seront en visite dans le Haut-Rhin lundi. (Photo d'archives)
Le Premier Ministre, Manuel Valls , le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron et la ministre du Travail, Myriam El Khomri, seront en visite dans le Haut-Rhin lundi. (Photo d'archives) — SIPA

POLEMIQUE

Réforme du travail: Plusieurs ministres émettent des réserves

Le projet de loi doit être présenté le 9 mars au Conseil des ministres et discuté à l’Assemblée nationale en avril…

La ministre du Travail de plus en plus seule à défendre la réforme du travail ? Plusieurs ministres ont prévenu que le projet de loi de Myriam El Khomri devait donner naissance à un texte « équilibré » pour qu’il puisse être voté par la majorité. De son côté, le président de la République a prévenu que la nature du texte, qui doit être présenté devant le bureau national du PS le 7 mars, ne devait pas être modifiée.

Dialoguer avec les partenaires pour les convaincre

Alors que la ministre du Travail n’a pas exclu le recours au 49-3, permettant une adoption sans vote, Ségolène Royal (Environnement), Jean-Marc Ayrault (Affaires étrangères) et Marisol Touraine (Affaires sociales), ont insisté sur le nécessaire « dialogue » avec les parlementaires pour les convaincre.

« Il faut jouer le jeu, pleinement, de part et d’autre, pour faire en sorte que le texte qui sortira soit un texte équilibré, qui sera à la fois un outil pour mettre plus de souplesse (…) mais aussi plus de garanties pour les salariés dans leur parcours professionnel », a dit l’ancien Premier ministre sur France 3.

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La loi « doit convaincre »

Marisol Touraine a elle clairement souhaité que « la gauche puisse voter » la future réforme, sans recourir au 49-3, ajoutant : la loi « doit convaincre, doit rassembler dès lors que c’est une loi d’équilibre ».

Interrogé sur ce point dans l’avion qui le conduisait en Polynésie, le chef de l’Etat a répondu : le 49-3, « on l’a déjà utilisé mais le mieux est de trouver une majorité ». Le Premier ministre Manuel Valls avait eu recours au 49-3 en 2015 pour faire adopter la loi Macron.

« Cette majorité sera à trouver dans la discussion, dans le débat mais il ne faut pas que le texte soit dénaturé », a dit le président alors que trois de ses ministres ont clairement plaidé pour que le texte bouge, dans le sillage du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

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Un texte à « rééquilibrer »

Le texte « tel qu’il a été soumis au conseil d’Etat » doit « être rééquilibré », demande le numéro un du PS dans le Journal du dimanche. Il déplore « une pression idéologique qui veut faire croire que le chômage est dû au code du travail ».

Ségolène Royal a estimé qu’il fallait « continuer à travailler » afin de « trouver le juste équilibre entre quelles nouvelles flexibilités on peut apporter au marché du travail, sans remettre en cause la sécurisation des travailleurs et les acquis sociaux ».

« Il ne faut pas être sourd ni aveugle, on voit bien la montée des objections », a reconnu la ministre de l’Environnement.

Des contreparties fortes pour les salariés

Le texte pourrait évoluer d’ici à sa présentation en Conseil des ministres, a sous-entendu Jean-Marc Ayrault en refusant de « décortiquer, article par article, ce qui ne sera peut-être pas complètement retenu par le conseil des ministres du 9 mars ».

Pour sa part, Marisol Touraine s’est dit « sensible à ce que dit Laurent Berger (numéro un de la CFDT) qui pense qu’un autre équilibre peut être construit ».

« Plus de souplesse, cela va amener des salariés à être confrontés à des licenciements. Il faut que les contreparties soient fortes et ces contreparties, elles sont financières », a-t-elle déclaré en évoquant le plafonnement prévu des indemnités prud’homales. « Si on prévoit des plafonds, on peut aussi prévoir des planchers », a-t-elle estimé.