François Hollande en visite à Wallis-et-Futuna

POLITIQUE C’est la première visite d’un chef d’Etat depuis 1979…

A.Ch. avec AFP

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François Hollande en visite à Mayotte, le 22 août 2014.
François Hollande en visite à Mayotte, le 22 août 2014. — AFP PHOTO / ALAIN JOCARD

François Hollande aura posé le pied sur tous les territoires français : ce dimanche, le Président de la république est attendu à Wallis-et-Futuna, collectivité d'outre-mer française du Pacifique sud. C’est la première étape d'un périple de plus de 45.000 kilomètres qui conduira ensuite le chef de l’Etat en Polynésie française puis en Amérique latine, au Pérou, en Argentine et en Uruguay.

Google maps de Wallis-et-Futuna. - Google maps

 

Le plus gros porc offert au chef de l’Etat

Aucun chef de l’Etat ne s’est rendu à Wallis depuis Valéry Giscard d'Estaing en 1979. Et ce sera même la toute première visite d'un chef de l'Etat à Futuna, une île volcanique d'une dizaine de kilomètres de long  où vivent un peu plus de 3.000 habitants. En Polynésie française, où François Hollande se rendra lundi, la dernière visite présidentielle remonte à Jacques Chirac en 2003.

A Wallis-et-Futuna, le président de la République visitera les trois royaumes traditionnels que compte l'archipel. Comme le veut la tradition, il y sera accueilli par leurs rois et la cérémonie du Kava, un breuvage sacré à base de racines et de branches de poivrier broyées, diluées et malaxées. En son honneur aussi, les habitants organiseront des KaïKaï, sortes de banquets traditionnels. Plusieurs dizaines de porcs seront alignés, selon la coutume, mi-cuits et recouverts de nattes, devant les palais royaux. Le plus gros lui sera symboliquement offert.

L’indemnisation des victimes des essais nucléaires au cœur des discussions

Les enjeux de cette visite seront essentiellement locaux. Les habitants de Wallis-et-Futuna attendent désespérément l'installation d'un distributeur de billets ou l'arrivée d'équipements de dialyse. En Polynésie, il s'agira, selon l'Elysée, de « solenniser une relation avec la République un peu abîmée et froissée » lors du précédent quinquennat avec un «enjeu principal »: l'indemnisation des victimes des 193 essais nucléaires que la France a conduits de 1966 à 1996 sur les atolls de Mururoa et Fangataufa.

Seuls une vingtaine de dossiers sur un millier ont fait l'objet d'une indemnisation, relève l'Elysée. François Hollande devrait ainsi apporter une « réponse politique » aux Polynésiens qui considèrent que ces essais sont la cause de nombreux cancers dans l'archipel. Il devrait être aussi question de la « dette nucléaire », également surnommée « le milliard Chirac » (aujourd'hui 150 millions d'euros), une rente annuelle accordée par l'Etat à la fin des essais en 1996 mais dont le montant a été réduit à plusieurs reprises. Les élus polynésiens souhaitent qu'elle soit pérennisée.

Pas de contrats commerciaux en Amérique latine

Après un vol d'une dizaine d'heures, il entamera mardi la seconde partie de son périple par une visite au Pérou pour « saluer » le concours de ce pays au succès de la COP21, avant de rejoindre l'Argentine mercredi et l'Uruguay jeudi. François Hollande entend y renforcer encore les liens scientifiques, universitaires et culturels avec le sous-continent. En témoigne la présence au sein de la délégation française du metteur en scène argentin Alfredo Arias, réfugié à Paris après avoir fui la dictature, ou de la femme de lettres Laura Alcoba, d'origine argentine également.

En revanche, et même s'il sera accompagné d'une délégation substantielle de responsables d'entreprises (Carrefour, Thales, Arianespace...), aucun accord économique ou contrat commercial ne devrait être signé lors de cette tournée sud-américaine, une entorse à la « diplomatie économique » chère au chef de l'Etat.