VIDEO. Réforme du travail: Bras de fer entre Hollande et Valls autour du 49-3

POLEMIQUE Le texte promet un débat explosif... 

Clémence Apetogbor

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François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri le 2 septembre 2015
François Hollande, Manuel Valls et Myriam El Khomri le 2 septembre 2015 — ALAIN JOCARD / AFP

L’exécutif est-il pour ou contre le recours au 49-3 pour faire passer la loi El-Khomri ? Si la ministre du Travail l’a sous-entendu, l’Elysée y serait opposé. Qu’en est-il précisément ? Explications.

La future réforme du marché du travail n’est pas définitive mais elle s’est déjà attiré les foudres de certains membres de la majorité.

Un recours au 49-3 voulu par Manuel Valls

Jeudi, le premier secrétaire du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a déclaré qu’il aurait « du mal à voter le texte en l’état » au micro de BFMTV/RMC. Qu’à celà ne tienne, la ministre du Travail Myriam El Khomri a annoncé le même jour dans Les Echos être prête à passer en force grâce 49-3.

Selon RTL, c’est le Premier ministre Manuel Valls qui aurait soufflé l’idée à la ministre du Travail. RTL explique que la première version de l’interview donnée par Myriam El Khomri au journal économique ne contenait pas le recours au 49-3. Mais après une relecture du papier à l’Elysée puis à Matignon, le chef du gouvernement aurait fait pression pour que soit ajouté ce passage polémique : « Nous voulons convaincre les parlementaires de l’ambition de ce projet de loi. Mais nous (avec le Premier ministre) prendrons nos responsabilités. »

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L’Elysée voit rouge

Une déclaration loin de plaire à François Hollande, d’après Europe1. Si Manuel Valls a tenté de le lui imposer, le Président de la République ne veut pas d’un passage en force.

L’Elysée, après une dernière réunion mercredi matin avec le Premier ministre et la ministre du Travail, avait donné son accord à cette dernière avant son entretien avec Les Echos. L’interview, qui ne contenait pas le passage polémique avait été relue et approuvée avant de passer par Matignon.

Lors de l’adoption de la loi Macron, Manuel Valls avait assuré que l’usage du 49-3 n’était « pas un acte d’autorité », mais plutôt « un acte d’efficacité pour l’économie française ».