VIDEO. Projet de loi El Khomri: «Une bataille parlementaire homérique» promise contre la réforme du travail

REACTIONS Les principales réactions, majoritairement hostiles, au projet de réforme du droit du travail porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri…

A.-L.B. avec AFP

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Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, le 6 février 2016 à Paris lors d'une conférence de presse.
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, le 6 février 2016 à Paris lors d'une conférence de presse. — CHAMUSSY/SIPA

Le projet de loi réformant le droit du travail, porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, et transmis au Conseil d’Etat mercredi, prévoit de consacrer la primauté de l’accord d’entreprise sur la branche en matière d’assouplissement du temps de travail. Ces annonces horrifient nombre de parlementaires qui s’élèvent contre les grandes lignes du projet de loi.

>> L’avant texte du projet de loi à lire par ici

Malaise à gauche. Le patron du Parti socialiste Jean-Christophe Cambadélis a déclaré jeudi qu’il aurait « du mal à voter » la réforme du travail « dans l’état » et a appelé à discuter le texte qui « ne montre pas » d'« équilibre » entre « flexibilité » et « sécurité » notamment sur la question du « licenciement économique ». « Je demande qu’on l’améliore, qu’on l’équilibre », a-t-il demandé sur BFMTV/RMC.

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Du côté des frondeurs, le ton est nettement hostile. Le député PS des Yvelines Benoît Hamon estime que le futur projet de loi « ne passe pas » et heurte « un peu plus que les frondeurs » du PS. « Ce ne sera pas une affaire de quelques frondeurs face au gouvernement, il y aura sur ce projet de loi des débats extrêmement intenses », a-t-il déclaré sur Sud Radio et Public Sénat.

Selon Pouria Amirshahi, député PS des Français hors de France, le texte de la ministre est une « honte » et une « grande régression », lance-t-il sur Twitter.

Le député du Cher Yann Galut a également tancé la ministre sur ce réseau :

Un recours au « 49-3 » qui ne passe pas

Jean-Pierre Lecoq, maire LR du 6e arrondissement, a quant à lui critiqué l’éventuel recours au 49-3 évoqué par la ministre ce jeudi dans Les Echos.

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Les syndicats majoritairement hostiles

Du côté des syndicats, le secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly a estimé jeudi sur iTELE, expliquant que « c’est un texte qui n’est pas acceptable » et « on ne peut pas laisser les choses en l’état ». « Nous sommes prêts à agir avec d’autres organisations [syndicales] contre ce texte », a-t-il averti.

La CFE-CGC a réagi par l’intermédiaire de son secrétaire national à l’emploi et à la formation, Franck Mikula, qui a dénoncé sur Twitter « un code du travail pour sécuriser les employeurs ». « C’est inacceptable, il faut sauver le code du travail », a-t-il ajouté.

La CGT s’est fendue d’un communiqué mercredi soir, estimant que « le gouvernement [est] hors la loi ». Elle estime que le gouvernement n’a pas respecté l’article L1 du code du Travail, qui oblige le gouvernement envisageant une réforme qui porte sur les relations de travail, « à organiser une concertation préalable avec les organisations syndicales de salariés et d’employeurs représentatives en vue de l’ouverture éventuelle d’une négociation ».

Les défenseurs du texte

Rare appui à voler au secours Myriam El Khomri ce jeudi matin, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron a estimé que le texte représente une « réforme importante » proposant « plus de souplesse, plus de flexibilité, et des protections repensées », rapporte l’AFP.

Le député LR Jean-François Copé s’est dit favorable aux orientations de l’avant-texte de la réforme, même s’il réserve sa décision finale. « C’est comme la loi Macron, ça part de bonnes intentions et à la fin de la journée vous avez quelque chose qui n’a plus rien à voir », a-t-il dit aux Echos.

 

Le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, a quant à lui salué le projet, estimant qu’il allait « dans le bon sens ». Il a appelé le gouvernement à « aller jusqu’au bout » du travail pour « déverrouiller » le marché du travail.