VIDEO. Sarkozy mis en examen: Les Sarkozystes (re)sortent l'artillerie lourde pour défendre leur candidat

POLITIQUE Eléments de langage, indignations, contre-attaques, les proches de Nicolas Sarkozy sont mobilisés au lendemain de la mise en examen de l’ancien président…

Anne-Laëtitia Béraud

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Eric Ciotti, Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, le 13 février 2016 à Paris lors du Conseil national du parti Les Républicains.
Eric Ciotti, Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, le 13 février 2016 à Paris lors du Conseil national du parti Les Républicains. — WITT/SIPA

Alimenter la riposte. Au lendemain de la mise en examen de Nicolas Sarkozy pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, ses proches nourrissent le feu pour protéger l’ancien président. Et rejouent, une nouvelle fois, l’ensemble des cartes déjà utilisées lors de la mise en examen de l’ex-président pour corruption et trafic d’influence dans le dossier des écoutes, en juillet 2014.

Les éléments de langage

L’un des premiers à dégainer à l’annonce de la mise en examen est le sénateur Pierre Charon, très proche de Nicolas Sarkozy. Il publie dès mardi soir sur Twitter un message avec les « éléments de langage » en direction des soutiens du président LR. Les formules et le vocabulaire utilisés, qui visent à être diffusés le plus largement possible, ont pour but de minimiser le statut médiatiquement infamant de la mise en examen de Nicolas Sarkozy. En résumé, l’ancien chef de l’Etat n’a rien à voir avec le scandale Bygmalion, et cette mise en examen est une « infraction purement formelle » qui a déjà été tranchée par le Conseil constitutionnel.

Ces éléments de langage sont repris par l’avocat de Nicolas Sarkozy ce mercredi matin sur Europe 1. Au sujet de la mise en examen de Nicolas Sarkozy, Thierry Herzog explique ainsi que le Conseil constitutionnel s’est « déjà prononcé » sur le dépassement du plafond autorisé pour la campagne 2012 de l’ancien président. En effet, l’institution a confirmé le 4 juillet 2013 l’invalidation du compte de campagne du candidat Nicolas Sarkozy, pour un dépassement de 466.118 euros. Sauf qu’à cette date, l’affaire des fausses factures produites par Bygmalion n’avait pas été révélée.

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La stratégie de la victimisation

Dans la palette de la riposte, figure ensuite la victimisation de l’ancien chef d’Etat. Et comme après la mise en examen de Nicolas Sarkozy en juillet 2014 dans le dossier des écoutes, les proches du président volent à son secours. Eric Ciotti, député (Les Républicains) des Alpes-Maritimes, dénonce ainsi sur France Info « une forme d’acharnement » contre Nicolas Sarkozy.

« Jamais la situation d’un homme public n’a été autant disséquée, décortiquée, passée au microscope », abonde l’eurodéputé Brice Hortefeux sur Radio Classique, estimant que « ça peut être demain une force ». Un commentaire quasi-identique à celui qu’il avait prononcé en octobre 2014 : « Jamais dans notre Histoire, un homme public n’a été autant ciblé et visé (..) Ce sera une force pour Nicolas Sarkozy auprès des Français », avait-il expliqué. Avant de dramatiser : « Finalement, jamais quelqu’un n’aura été autant examiné et finalement aussi transparent ».

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Taper sur les concurrents

La meilleure défense, dit-on, c’est l’attaque. Et dans ce domaine, les soutiens de Nicolas Sarkozy savent distribuer les coups. L’avocat du président LR Thierry Herzog relève sur Europe 1 que la mise en examen de son client ne « l’empêche pas d’être candidat à la primaire » de la droite et du centre, en référence à la condamnation d’Alain Juppé en 2004 dans l’affaire des emplois fictifs de la Ville de Paris. Une référence qui n’a rien d’anodine, le maire de Bordeaux étant le principal concurrent de Nicolas Sarkozy à cette primaire.

Eric Ciotti vise quant à lui Jean-François Copé, l’ancien président de l’UMP. Le député et président des Alpes-Maritimes juge « un peu étonnant » le « hasard de calendrier » entre la déclaration de candidature à la primaire de Jean-François Copé et la mise en examen de Nicolas Sarkozy. Jean-François Copé a déclaré qu’il n’aurait « jamais » concouru s’il avait été mis en examen, moins d’une semaine avant son annonce de candidature. « Aurait-il eu une information avant ? Je ne saurais le croire », s’interroge mercredi Eric Ciotti. « En tout cas cette motivation pour être candidat à la présidentielle me paraît à tout le moins superficielle », lance-t-il. L’intéressé appréciera.

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